Dans les brumes d’Along
Par Gabrielle le vendredi 22 janvier 2010, 09:30 - Voyage voyage - Lien permanent
Notre bus traîne en route et nous risquons de louper un rendez-vous
incertain : le départ d’un ferry à 13 heures pour l’île de Quan Lan, qui serait
d’après guides et voyageurs le dernier repère des routards dans la baie
d’Along… L’aventure commence dès la descente du bus pour trouver le minuscule
embarcadère planqué derrière un labyrinthe de ruelles, d’autant que personne ne
parle anglais par ici. Une banquière nous vient en aide en écrivant quelques
mots en vietnamien sur un morceau de papier. Grâce à ce précieux sésame, nous
parvenons enfin à nous faire comprendre d’un taxi. 12h50… Au guichet, on nous
confirme un départ à 13h30, horaire d’hiver. Nous apercevons au bout du quai
notre « ferry »: un petit bateau de bois à l’allure sympathique, tout en
rondeurs et dans les tons brun rouille.
Ferry pour l’île de Quan Lan
Quelques passagers grimpent avec leur chargement : ballots, caisses, vélos ou
mobylettes, puis entrent dans la cabine où chacun s’installe sur les banquettes
de bois. Tous semblent se connaître. Le capitaine prend son poste à l’avant, le
moteur se met en marche et les conversations s’animent. Un membre de l’équipage
nous offre un petit verre de thé bien chaud. Nous sommes les bienvenus à bord
pour cette traversée qu’ils ont déjà du effectuer tant de fois. Nous traversons
la rade où de nombreux petits villages flottants apparaissent au détour des
premiers rochers que nous croisons. La vie suit son cours au rythme du tangage
: le linge sèche, les plantes verdissent les pontons, des chiens montent la
garde à la poupe des navires, on entend des enfants rire et pleurer.
Ambiance conviviale à bord
Après s’être acquitté des manœuvres les plus délicates pour sortir du port, le
capitaine autorise les étrangers que nous sommes à grimper sur le toit pour
admirer la vue. Nous relevons le col de nos imperméables jusqu’aux oreilles et
nous installons, ravis, sur un des deux bancs qui semblaient nous attendre
là-haut. Nous respirons à pleins poumons l’air chargé d’embruns et laissons nos
regards se perdre dans l’incroyable paysage de la célèbre baie d’Along. Tout
autour de nous, les montagnes en pain de sucre émergent au-dessus des eaux
derrière de longs voiles de brume. Comme par pudeur, elles semblent attendre
que l’on s’approche pour révéler les aspérités de leur roche. Seuls au milieu
d’un environnement merveilleux et plein de mystères, nous savourons avec
bonheur ces instants de magie. Le froid nous aide cependant à redescendre des
nuages et à rejoindre les autres passagers dans l’ambiance chaleureuse de la
cabine.
La baie d’Along
Nous accostons l’île de Quan Lan à la nuit tombée et devons attendre le
lendemain pour découvrir les beautés de ce paisible bout du monde. Le long de
l’unique rue principale, les habitants nous saluent avec gentillesse. Près des
côtes, de nombreux oiseaux ont élu domicile dans de vastes étendues de mangrove
suspendues entre terre et mer. Au sud de l’île, nous marchons le long
d’immenses plages de sable fin. Au loin, on aperçoit des silhouettes sous de
larges chapeaux coniques ; elles se penchent parfois brusquement pour capturer
des coquillages avant qu’ils ne s’enterrent à nouveau.
Sur l’île de Quan Lan
Nous finissons notre ballade près de la jetée face au soleil couchant. Demain,
nous reviendrons à l’aube retrouver l’équipage du ferry pour rejoindre le
continent après trois journées passées entre rêve et réalité.
Gabrielle
Commentaires
Des brumes de la baie d'Along aux brumes des baies de Nancy,il n'y a qu'un verre...qui vous attend à la Falaise(47).Nous espérons que votre retour à la civilisation du vieux continent ne sera pas trop pénible et que vous l'aviez préparé dans votre tête avant même de partir.Revenant plein d'usage,raison et sagesse,vous serez armés pour la suite.Un beau voyage se termine, un nouveau voyage commence:. A bientôt tous deux et tribises/jc et agnés