Douceur de vivre au Laos
Par Gabrielle le lundi 18 janvier 2010, 10:51 - Voyage voyage - Lien permanent
Avec seulement 5,6 millions d’habitants, le Laos est un pays où la nature a la part belle. Ses charmes multiples se déploient du Sud au Nord, des rives du Mékong aux sommets des montagnes en passant par de denses forêts peuplées d’arbres millénaires. Cette beauté environnante est-elle la source où les Laotiens puisent la sérénité dont ils semblent ne jamais se départir ?
Mister Phao et François
Dès notre arrivée à Don Det, une des « 4000 îles » qui parsèment le Mékong près
de la frontière cambodgienne, nous apprenons à nous mettre au rythme du pays.
Ici, rien ne se fait dans la précipitation et encore moins la préparation des
repas. Les sujets d’inquiétude sont également restreints : sur les petits
chemin de l’île, tout le monde se promène en vélo et personne ne prend la peine
de les attacher d’autant qu’ils sont loués sans anti-vol.
De retour sur le continent, nous traversons à moto le plateau des Bolovens où
est produit le « café lao ». En nous promenant dans les vastes plantations,
nous voyons les grains verts mûrir aux branches des caféiers. Nous adoptons
d’emblée le savoureux breuvage onctueux et sans amertume.
« Café lao » sur la branche
Après quelques jours en pleine nature, nous rejoignons la ville de Savannakhet
pour y faire étape. Le soir, de petits restaurants s’improvisent sur la rive
est du Mékong, face à la Thaïlande. Familles et amis se réunissent autour des
petites tables où sont servis de délicieux barbecues. Nous essayons la formule
: dans le plat commun, on fait griller viande ou fruits de mer sur un petit
dôme central, tandis que tout autour mijote du bouillon qu’on agrémente de
nouilles, légumes et herbes aromatiques selon son goût. Le tout accompagné
d’une « Beerlao » (la bière locale) bien fraîche, un régal !
Barbecue à la mode du Laos
Nous voilà d’attaque pour deux jours de marche dans les environs de Tha Khaek,
un peu plus au Nord. La région mise sur l’écotourisme et organise des circuits
dans les superbes forêts alentours. Les guides sont issus des villages que nous
traversons et nous font découvrir en chemin cet environnement qu’ils
connaissent si bien : les essences d’arbres et les plantes qui guérissent ou
rehaussent la saveur des plats, les insectes et leurs habitats… L’un d’entre
eux attrape à main nues un cocon de feuilles agglutinées d’où sortent des
fourmis rouges et en croque quelques unes au passage sous nos yeux effarés. Le
soir venu, nous arrivons dans un village pour y passer la nuit. A l’issu du
dîner, nous sommes invités à participer à la cérémonie du Baasii, présidée par
les anciens. Nous formons un cercle au centre duquel les femmes ont placé le
pha khwan, une composition conique à base de feuilles et de fleurs où sont
accrochés de petits fils de coton. A tour de rôle, chacun étend sa main. Nos
hôtes y déposent de petits cadeaux : gâteaux, fruits, lao-lao pour les hommes
(l’eau de vie locale)… L’intéressé est alors le centre d’attention de tous les
participants qui posent une main sur lui ou sur le pha khwan central tandis que
le maître de cérémonie noue le cordon autour de son poignet en formulant de
nombreuses bénédictions. Dans la tradition, cela permet de rattacher à leur
propriétaire les 32 esprits gardiens de son corps et de son esprit... La soirée
se poursuit autour d’un feu de camp, au rythme des chants et des conversations.
Dans le ciel dégagé, les étoiles filantes emportent les vœux secrets de ceux
qui les surprennent.
Trek dans la région de Tha Kaek
A Vientiane, nous nous mêlons facilement au quotidien des habitants de la
capitale, étant partout les bienvenus : dans les petits restaurant de la rue,
dans les « cantines » où les habitués s’engouffrent le midi, aux abord d’un
petit terrain de pétanque improvisé… En cette circonstance, tous les Laotiens
sont sérieux, il s’agit du sport national du pays !
Partie de pétanque entre deux allées du marché
Nous poursuivons notre route jusqu’au fin fond des montagnes dans le village de
Muang Neua que l’on rejoint par bateau. Là encore, les adultes comme les
enfants gardent un contact naturel et sympathique avec l’étranger qui nulle
part n’est étrangement considéré. Sa présence passagère apporte un peu
d’exotisme dans le quotidien mais n’en perturbe pas le cours. Les rapports
peuvent alors s’établir librement, simplement et dans un respect mutuel. Cet
équilibre est souvent rompu dans les endroits qui se sont ouverts au tourisme.
Mais au Laos (exception faite de Vang Vieng), les hôtes gardent leur sourire et
leur intégrité face à des touristes qui savent encore qu’ils sont les
invités.
Gabrielle