Phare Ponleu Selpak
Par Gabrielle le mercredi 25 novembre 2009, 13:27 - Les porteurs d'espoir - Lien permanent
Nous séjournons dans la ville de Battambang à l’ouest du Cambodge. Le hasard
des rencontres nous amène à visiter l’association Phare Ponleu Selpak
(PPS), qui accueille plus de 1400 jeunes dans le cadre d’activités éducatives,
culturelles et artistiques. Depuis le chemin, la mélodie des
percussions indique que nous arrivons à destination. Nous traversons une vaste
cour arborée jusqu’à un grand bâtiment où s’entraînent jongleurs et
acrobates qui nous saluent avec de grands sourires.
La visite commence sous la conduite de Reaksmey Yean, un jeune du centre formé
en communication externe. Il nous guide vers la belle bâtisse en bois sombre où
se trouve l’école d’art visuel, créée par les fondateurs de l’association en
1994.
Reaksmey Yean
Entre 1975 et 1979, le
régime des Khmers rouges marque une période particulièrement sombre. Leur
volonté de bâtir une société entièrement nouvelle et sans référence au passé se
traduit par le massacre de près d’un tiers de la population et la déportation
des citadins dans les campagnes. Quand les Vietnamiens envahissent le pays et
renversent le régime khmer rouge, les Cambodgiens fuient vers l’étranger par
centaines de milliers.
Durant ces années d’exil, huit jeunes grandissent dans un camp de réfugiés en
Thaïlande où une ONG française leur apporte un peu de rêve et de détente grâce
à des ateliers de dessin. De retour à Battambang en 1994, ils désirent partager
le plaisir et la liberté de s’exprimer à travers le dessin. Avec l’aide de leur
professeur, ils décident d’ouvrir une école d’art visuel et baptisent leur
association « Phare Ponleu Selpak » qui signifie « la lumière de
l’art ».
L’objectif de l’école est d’offrir aux jeunes un espace de loisir où ils
peuvent oublier leurs soucis, s’évader dans leur imaginaire et retrouver la
beauté. A travers les cours, l’école s’attache à mettre en valeur l’héritage
khmer pour aider les élèves à retrouver leur identité culturelle.
Nous admirons les toiles exposées sur les murs, résultat du savoir-faire acquis
durant les cinq années du cursus. L’association participe également aux
évènements culturels du pays et, lors de notre visite, les cinquante élèves
participent à la confection d’un immense naga articulé (serpent à plusieurs
têtes de la tradition khmère) pour le prochain festival.
Pour permettre aux jeunes artistes issus de l’école d’art visuel de compléter
leur formation et leur ouvrir de nouveaux débouchés, PPS ouvre en 2006 un
studio de montage de films d’animation. Les élèves réalisent des dessins animés
éducatifs pour le compte d’ONG partenaires qui s’en servent ensuite lors de
campagnes de sensibilisation. Le studio accueille 16 jeunes et réalise en ce
moment son sixième film d’animation. Un élève nous montre un des dessins animés
qui traite avec finesse de l’importance de la solidarité familiale pour
prévenir les enlèvements d’enfants.
En 2009, l’association lance un atelier de graphisme avec l’aide d’une jeune
professionnelle française. Elle forme 5 stagiaires aux techniques du graphisme
en réalisant les dépliants, prospectus, flyers de l’association ainsi que les
commandes passées par des clients extérieurs.
Nous poursuivons la visite par l’école de musique. Un professeur répète avec
ses élèves un morceau qui associe le chayam (instrument khmer
traditionnel) avec la guitare électrique et la batterie dans un réjouissant
mélange des genres. En cinq ans, les élèvent commencent par apprendre les
bases de la musique classique et traditionnelle khmère avant d’explorer les
influences internationales.
L’école de musique
Un peu plus loin, dans l’école de cirque, balles et massues virevoltent
au-dessus de la tête des jongleurs. Les équilibristes s’entraînent seuls ou en
couple pendant qu’une jeune fille fait tourner des cerceaux autour de sa
taille. Nous nous rendons sous le chapiteau où des funambules répètent leur
numéro pour le spectacle hebdomadaire du jeudi. A l’origine, des ateliers de
cirque sont proposés comme une activité artistique récréative afin que les
élèves de l’école d’art visuel puissent se dépenser physiquement entre les
cours de dessin. Face à l’enthousiasme suscité par le cirque, naît le projet de
fonder une véritable école qui forme aujourd’hui plus de 30 élèves avec huit
professeurs khmers. Depuis sa création en 2002, l’école a déjà formé six
troupes qui réalisent des tournées au Cambodge et à travers le monde, notamment
en France et au Japon.
Tous les jeunes motivés pour apprendre ces disciplines artistiques sont les
bienvenus et les cours sont dispensés gratuitement. L’association cherche avant
tout à entretenir un état d’esprit positif qui aide chacun à se construire et à
s’épanouir. Le travail des artistes formés par PPS est reconnu à travers le
Cambodge. Nombre d’entre eux deviennent des professionnels de talents et
gagnent leur vie en exerçant leur art.
Au fil des années, PPS développe des activités sociales tournées vers les
communautés environnantes. L’association participe à l’installation d’une école
publique qui reçoit plus de 1000 élèves de 6 à 13 ans. Un centre de loisir
propose en parallèle une éducation plus informelle à travers des activités
ludiques et pédagogiques. Pendant que les enfants apprennent, les parents
peuvent poursuivre leur activité professionnelle et améliorer ainsi les
conditions de toute la famille.
En 2002, PPS ouvre la « maison des enfants » afin d’accueillir les
enfants en situation particulièrement précaire : orphelins, victimes du
trafic d’êtres humains, ou jeunes dont la famille ne peut plus subvenir aux
besoins. 76 enfants y sont nourris et soignés gratuitement et 33 d’entre eux y
sont également hébergés. En leur offrant des conditions favorables pour
s’épanouir et apprendre, PPS souhaite aider ces jeunes à retrouver leur place
dans la société.
La solidarité commence au sein de PPS : 40% des revenus perçus de la
production artistique des élèves (spectacles, toiles…) sont destinés à soutenir
la « maison des enfants » en plus des aides extérieures.
Entrée de la maison des enfants
Nous ne résistons pas à rester un jour de plus pour assister au spectacle de
cirque. Le chapiteau est déjà bondé quand nous entrons. Nous nous frayons un
chemin entre les enfants assis devant pour atteindre les gradins. Dès que la
lumière s’allume des cris s’élèvent de la foule des jeunes supporters. Les
musiciens annoncent l’entrée en piste des membres de la troupe. Ils enchaînent
les numéros avec autant de professionnalisme que de joie de vivre. Nous
tremblons, rions, applaudissons… chapeau les artistes !
Comment les aider ?
- le 4 décembre 2009 à Doué-la-Fontaine (49)
- le 6 décembre à Cholet (44)
- le 12 décembre à Nantes (44)
- les 20 et 21 décembre à St Etienne (42)
Il est également possible d’inviter la troupe à se produire à l’occasion
d’un évènement, d’un festival ou autre.
L’atelier de graphisme peut répondre par correspondance à toute commande de
flyers, dépliants ou brochures.
Il est également possible de soutenir financièrement PPS en faisant un don ou
en participant au programme de parrainage pour la « maison des
enfants ».
De passage à Battambang, vous serez bienvenus à l’association pour une visite,
assister à un spectacle de cirque ou acheter le travail des artistes.
Contacts
Phare Ponleu Selpak
Village de Anch Anh, Commune d’Ochar
PO Box 316
Battambang – Cambodge
Tel/Fax : +855(0)53 952 424 / Portable:
+855(0)12 821 498
E-mail : inquiries@phareps.org
Site internet : http://phareps.org
Gabrielle