Une fois la frontière traversée, nous filons vers Siem Reap, notre première étape au Cambodge. A quelques kilomètres de la ville se dressent les vestiges d’Angkor.

Au 9ème siècle, le Cambodge est le cœur d’un puissant empire qui s’étend de la Birmanie au Vietnam, le plus vaste que l’Asie du sud-est ait jamais connu. Les princes khmers qui règnent sur celui-ci bâtissent une imposante capitale : Angkor. A son apogée, la ville compte jusqu’à un million d’habitants, à cette époque Paris n’est encore qu’une bourgade. Nous arpentons les longues allées d’Angkor Vat, le plus grand temple d’Angkor et le plus vaste espace religieux du monde ! Considéré par les Cambodgiens comme la « 8ème merveille du monde », cette construction monumentale est l’emblème du pays ; sa silhouette caractéristique est représentée sur le drapeau national.

               Le temple d’Angkor Vat

Les nombreux temples d’Angkor ont pour trait commun leur aspect massif et imposant. Ces « temples montagnes », comme ils sont justement surnommés, sont censés représenter le mont Meru, l’Olympe de l’hindouisme, où habitent les dieux. Les fondateurs de l’empire d’Angkor sont en effet de confession hindoue, et se proclament représentants terrestres du dieu Shiva. Puis au 12ème siècle, à l’apogée de l’empire, le grand roi bâtisseur Jayavarman VII adopte le bouddhisme, et dote Angkor de nombreux temples dédiés à la nouvelle religion d’état. Ses successeurs retournent à l’hindouisme, avec un culte appuyé au dieu Vishnou cette fois.

Nous nous rendons au Bayon, le grand temple bouddhiste édifié au cœur de la gigantesque cité fortifiée d’Angkor Thom. D’où qu’on se trouve dans l’édifice, de larges visages de pierre au sourire paisible et troublant, représentant le Bouddha, semblent surveiller le visiteur. On apprend que le souverain de l’époque a sans doute servi de modèle aux sculpteurs, s’agirait-il d’une version antique de Big Brother ?

               Le Bayon et ses 216 visages

A partir du 13ème siècle, l’empire angkorien décline. La capitale Angkor est pillée par les Siamois (venus de l’actuelle Thaïlande) en 1351 puis de nouveau en 1431. La cité est abandonnée, seuls quelques temples restent utilisés et vaguement entretenus : peu à peu la nature reprend ses droits et une jungle épaisse recouvre les traces de la grandeur passée. Angkor disparaît de l’histoire jusqu’au 19ème siècle, lorsque des explorateurs français retrouvent le site. Les temples sont reconquis un par un sur la forêt afin de faire revivre la glorieuse histoire cambodgienne. Nous découvrons le temple de Ta Prohm dans la lumière tamisée de la canopée. D’immenses fromagers enserrent les murs de l’édifice avec leurs puissantes racines, digérant lentement l’œuvre des humains pour la faire retourner à l’état de poussière…

                Ta Prohm, colonisé par des fromagers géants


François