Pour la fin de notre séjour en Thaïlande, les astres nous ont réservé une surprise : la pleine lune du douzième mois du calendrier lunaire traditionnel thaï annonce l’ouverture du festival de Loi Krathong, la fête des lumières !

Le 24 octobre, nous rejoignons à la nuit tombée des milliers de personnes rassemblées sur une immense esplanade non loin de Chiang Mai. Des rangées de lampes à huile brûlent dans le noir jusqu’à l’estrade illuminée où une statue de Bouddha fait face à la foule. Des moines récitent des mantras et des chants de prière s’élèvent de l’assemblée. Dans quelques instants, toutes les « lanternes célestes » posées à leurs pieds vont s’envoler. Chacun prépare dans son cœur les rêves qu’il souhaite faire monter vers le ciel et les entraves dont il veut se libérer.

L’atmosphère est au recueillement quand un signal déclenche tout à coup une joyeuse effervescence. Tous s’activent à déplier les larges disques de papier blanc et les maintiennent en petits groupes au-dessus des torches enflammées. Le papier se gonfle de lumière, le cylindre prend forme et atteint bientôt un mètre de haut.

Quand cette petite montgolfière est suffisamment remplie de chaleur, elle s’élève doucement vers le ciel au milieu de toutes ses sœurs porteuses de rêve. La magie est à son comble ; tous les regards sont tournés vers le ciel où viennent de s’allumer des milliers d’étoiles. Nous sommes émerveillés et gagnés par la joie ambiante.

La chance nous accompagne vers le sud jusqu’à Sukhothai, la capitale d’un puissant empire thaï du XIIIème siècle. Lors de son déclin, ses habitants la délaissèrent progressivement, laissant à l’abandon les temples et les palais, dont les très beaux vestiges restent les témoins de son glorieux passé. Le soir même de notre visite, un fabuleux spectacle son et lumière est organisé sur le site à l’occasion du festival.

Nous faisons un voyage à travers le temps et découvrons l’origine de Loi Krathong qui signifie « radeau flottant ». Un roi de Sukhothai initia la tradition en s’inspirant de Di wali, le festival indien de la lumière en l’honneur de la déesse du Gange. Depuis, chacun construit un petit radeau à base de feuilles de bambous, qu’il décore de fleurs et de bougies. Symboliquement, l’embarcation emporte au fil de l’eau les sentiments négatifs qui font obstacles au bonheur afin de commencer sereinement la nouvelle année.

Le spectacle s’achève par un magnifique feu d’artifice, qui referme en même temps la page de notre séjour en Thaïlande.


Gabrielle