Le premier août, nous quittons l’ambiance tibétaine de Mac Leod Ganj et partons pour le Pendjab, la patrie des Sikhs. Au début du 16ème siècle, Gurû Nanak, un Hindou, s’intéresse à l’Islam et prêche une nouvelle spiritualité pour réconcilier les adeptes des deux religions. Ses disciples (« sikhs » en langue sanskrit) se regroupent autour de lui, le Sikhisme est né. Les Sikhs sont aujourd’hui autour de 20 millions en Inde, facilement reconnaissables à leur turban, leur barbe fournie et leur poignard qu’ils gardent avec eux en toutes circonstances.

                     Un Sikh se préparant à ses ablutions avec turban et poignard

Nous faisons étape à Amritsar, la ville sainte du sikhisme. La cité est construite autour du Harmandir Sahib, plus connu sous le nom de « Temple d’Or ». En pénétrant dans l’enceinte blanche du temple, nous découvrons le sanctuaire : il semble flotter majestueusement au milieu du Amrit Sarovar (Bassin de nectar), le lac sacré qui a donné son nom à la ville.

Nous sommes tout de suite frappés par la grande ferveur religieuse qui imprègne les lieux, et la sérénité qui s’en dégage. Une litanie de chants sacrée émane en permanence du sanctuaire doré : des prêtres se relaient toutes les heures pour chanter le Âdi Granth, le livre sacré des Sikhs.

                   Le Temple d’Or

Nous terminons la matinée par un repas au restaurant collectif du temple. Le repas est gratuit ; les fidèles les plus fortunés peuvent faire une donation en retour, et tout le monde peut participer à l’élaboration des plats ou à la vaisselle. Cette cantine symbolise le partage et l’unité, des principes chers aux Sikhs.

                    Séance de plonge après le repas

Le soir, nous partons pour la frontière pakistanaise. A l’indépendance en 1947, l’empire britannique des Indes a été divisé entre le Pakistan, à majorité musulmane, et l’Union Indienne, à majorité hindoue et sikhe. Le Pendjab, qui comprenait d’importantes communautés des trois religions, fut partagé entre les deux états. Il s’ensuivit d’importants transferts de population et de nombreux massacres de part et d’autre de cette frontière toute neuve. La plaie de la partition tarde encore à se cicatriser, en témoignent les relations toujours difficiles entre l’Inde et le Pakistan.

                           Le Pakistan

Pourtant, au poste frontière de Wagha, à mi-chemin entre Amritsar et Lahore au Pakistan, nous assistons à un spectacle étonnant et bon enfant qui ferait presque oublier les camps militaires qui parsèment la région. La clôture quotidienne de la frontière fait l’objet d’un show dont les gardes-frontières sont les stars, acclamés par un public nombreux qui vient chaque soir s’entasser sur les gradins en dur qui entourent la scène. Dans la liesse générale, les soldats des deux camps,  affublés d’une étonnante coiffe en éventail, paradent et se mesurent, faisant trembler leur crête. Le spectacle s’achève par la descente des couleurs et la fermeture des grilles.


Voir la cérémonie de fermeture de la frontière à Wagha

Avant de quitter Amritsar, nous retournons une dernière fois au Temple d’Or pour une visite nocturne. Nous contemplons les reflets dorés du sanctuaire qui se mêlent à ceux de la Lune dans les eaux sombres du Bassin de Nectar. Tout autour du lac, des pèlerins se sont installés pour passer la nuit au milieu des chants sacrés. Le calme et la paix des lieux nous envahissent, sensation étrange d’avoir atterri dans un autre monde…

François