La Boulangerie, histoire d’un jeune entrepreneur
Par Gabrielle le mardi 21 juillet 2009, 18:46 - Réflexions - Lien permanent
Nous profitons de la fraîcheur du hall d’un hôtel de luxe de Chennai, où se
trouve… une boulangerie à la française, qui offre à nos regards d’appétissantes
pâtisseries ainsi qu’un assortiment de petits pains et de belles baguettes.
Insolite ? Nous sommes venus rencontrer Alexis de Ducla, le jeune entrepreneur
français qui a ouvert cette boutique au cours d’une aventure un peu
particulière…
Alors qu’Alexis se prépare à entrer en école de commerce et imagine déjà sa
carrière dans la finance, il fait une rencontre déterminante qui bouleverse
tous ses plans. Le Père Ceyrac, très actif auprès des pauvres en Inde, est venu
faire une conférence sur la cause des dalits dans le lycée d’Alexis. Ce dernier
n’y assiste pas, préférant prendre une pause dans un café voisin. Le destin est
parfois tenace car c’est justement là qu’ils font connaissance. Le Père Ceyrac
a la conviction qu’Alexis a les qualités de cœur et d’esprit pour l’aider dans
son combat contre la pauvreté et l’invite à venir en Inde. Dès le lendemain,
Alexis prend ses billets d’avion. Puis, il organise des évènements culturels
pour récolter des fonds avant son départ. Quelques mois plus tard, il est à
Madurai, dans le Tamil Nadu, où il travaille deux mois dans une association
fondée par le Père Ceyrac. Il attrape le virus…
Rencontre avec le Père Ceyrac
A son retour, il intègre l’ESSEC, une prestigieuse école de commerce française,
où il choisit une spécialisation en entreprenariat social. Son cursus lui
permet de retourner régulièrement en Inde durant 5 ans, alternant les périodes
de cours et les séjours à Madurai. Pendant cette période, il travaille avec une
association qui soutient les dalits dans les villages en leur offrant éducation
et formations professionnelles. Il y rencontre un boulanger français venu
enseigner son métier. Il a alors l’idée d’ouvrir une « boulangerie-école » à
Chennai pour former des jeunes de milieux défavorisés et leur permettre de
trouver un emploi dans la restauration de luxe. Les profits des ventes de la
boulangerie devront permettre de financer le fonctionnement de l’école.
L’aventure est lancée. Il crée une association et trouve des financements pour
démarrer son projet. Il a l’occasion de mettre en pratique les connaissances
acquises durant ses études et de créer une structure dans laquelle le profit
n’est pas une fin, mais un moyen au service d’un objectif social.
En 2006, La Boulangerie voit le jour. L’encadrement est constitué d’un chef
boulanger et de six employés, pour une capacité d’accueil de 24 apprentis par
an, formés en alternance. Ceux-ci sont recrutés sur des critères de pauvreté et
de motivation. Ils sont nourris, logés, blanchis et reçoivent un salaire pour
les aider à démarrer leur vie professionnelle une fois la formation terminée.
Les deux premières années se déroulent avec succès, La Boulangerie
s’autofinance à 50%. Malheureusement la crise survient, et les fonds se
tarissent. Alexis tente de redresser la barre en augmentant le taux
d’autofinancement, mais le suivi de l’école en pâtit. Se rendant compte des
limites de son modèle, il limite le nombre d’inscriptions en 2008, avant de
fermer l’école à la rentrée 2009. Cela lui permet de finir sur un bilan positif
: sur 35 apprentis formés, 30 ont déjà un emploi, et il accompagne les derniers
dans leur recherche.
Alexis de Ducla et un des employés de La Boulangerie
Alexis ne se décourage pas, et part visiter de nombreuses associations à
travers l’Inde pour étudier leur fonctionnement et comprendre leurs points
forts. Il constate que les organisations qui marchent sont celles qui adoptent
des règles claires et cohérentes, sans « romantiser la misère » selon
l’expression d’un de ses mentors. La plupart des formations proposées sont
payantes, et cela leur donne de la valeur aux yeux de ceux qui investissent
pour les suivre. Alexis cite l’exemple d’une de ces organisations qui propose
des formations ultra spécialisées, sur 3 mois, à un rythme intensif. Le
responsable part du principe que les pauvres n’ont pas les moyens de rester
plus longtemps sans travail et doivent pouvoir rentabiliser rapidement leur
formation.
Alexis réfléchit à présent à un nouveau projet, où il pourra mettre à profit
l’expérience acquise. Il s’est détourné d’une carrière classique pour mettre
ses talents au service de ce en quoi il croit. Nous lui souhaitons d’être de
ceux qui inventent et ouvrent le chemin de l’entreprenariat social, qui redonne
la priorité aux valeurs humaines.
Gabrielle
Commentaires
Encore une rencontre très intéressante pour vous, certainement, et aussi pour moi. Je suis particulièrement ravie que vous ayez pu rencontrer le père Ceyrac, chauvinisme oblige puisqu'il est Corrézien d'origine et que j'ai eu la chance de bénéficier d'un de ses passage dans notre département. Je trouve la démarche d'Alexis particulièrement instructive. Merci pour vos récits si passionnants et bonne poursuite de l'avanture.
riche expérience d'Alexis..et des autres rencontres que vous nous faites découvrir au travers de vos récits....merci de nous faire partager vos découvertes passionnantes.
Très émue de cette photo faite avec le père Ceyrac,...
Amis du Père Ceyrac, nous avons eu la chance de le rencontrer lors de nos voyages en Inde, de ses passages à Paris... quand encore il "courait" partout pour défendre ses projets lui tenant tant à coeur...
Maintenant nous n'avons que de très rares nouvelles par le biais de l'association ; je crois qu'il a cessé de venir en France.
Habitant Tours, nous faisions le plus souvent possible un saut à Paris lors de ses venues, comme cela pour passer un temps avec lui ... simplement, quand il avait un peu d'espace.
Toujours heureux
de nous retrouver tous trois autour d'une bière "bien fraîche",
de retrouver cet homme tant traversé par les émotions ...,
de l'entendre parler de sa foi envers l'Inde
de reparler de ce que nous avons découvert avec lui, grâce à lui lors de nos périples dans le Tamil Nadu.
des familiers qui l'entouraient dans son élan et ses projets,
Alors merci, merci pour cette photo. Et que vos "esperances" restent porteuses d'espoir. Chaleureusement,
For this statement, Jochen Zeitz argued that a considerable part of the product had being through wind and rain to counter the trend of fail for decades
For career, dare not say what improvement. Because have been jobs, and although some of his about go hard, but not really is successful, recently came to a new company, is very hard, I went for business, and then give me the opportunity to learn, also let I good effort.