Le 7 juin, nous quittons Munnar pour Madurai, via Theni. C’est notre premier long trajet en bus depuis l’Iran.

On nous avait conseillé d’attendre le bus au dépôt, pour être sûrs d’avoir des places assises. Plutôt une bonne idée : à son premier arrêt, dans le centre de Munnar, le bus est pris d’assaut par des hommes et se remplit avant même de s’arrêter. Les femmes et les enfants suivent, les plus chanceux rejoignent les sièges réservés par les pères de famille.

Pour notre correspondance à Theni, on nous avait promis des départs pour Madurai toutes les minutes. Pas faux, les bus partent de la station pare-choc contre pare-choc, rapidement remplis par la marée humaine des voyageurs. Nous sommes obligés de forcer la main au jeune contrôleur qui rechigne à nous laisser monter à cause de nos gros sacs (ils prennent de l’espace sans payer leur ticket).
 
Le bus part, bondé. Pas tout à fait sans doute : au fil des arrêts, de nouveaux passagers viennent s’agglutiner dans l’allée centrale. Dans les virages, ces nouveaux venus s’écroulent à moitié sur les passagers assis… Paf ! un sac de mangues vole et heurte ma tête. « Elles n’ont rien » semble me dire la jeune femme souriante qui lutte contre la force centrifuge. Nos sacs à dos, eux, servent sans doute de sièges à l’avant…

Nous sommes assis sur les fauteuils qui donnent sur la porte centrale, très bien placés pour apprécier le spectacle de la montée et la descente dans le bus en marche. Il est tellement plein qu’il déborde, une grappe humaine s’est formée à l’extérieur du bus, accrochée aux barreaux des fenêtres sans vitre. Un des hommes suspendus nous aperçoit. « Hello ! » nous lance son visage rieur. Il entame la conversation, jetant seulement un coup d’œil de temps à autre pour voir si le bus ne passe pas trop près d’un arbre ou d’un poteau de signalisation. Quand il apprend que nous sommes français, il lance un « Oh… » admiratif. « France, no cricket, only football ? ». A peine lui avons-nous répondu que c’est pour lui le moment de descendre, ou plutôt de sauter. Il nous fait de grands signes d’au revoir.

François