Sur la route de Madurai
Par Francois le jeudi 25 juin 2009, 14:39 - Voyage voyage - Lien permanent
Le 7 juin, nous quittons Munnar pour Madurai, via Theni. C’est notre premier
long trajet en bus depuis l’Iran.
On nous avait conseillé d’attendre le bus au dépôt, pour être sûrs d’avoir des
places assises. Plutôt une bonne idée : à son premier arrêt, dans le centre de
Munnar, le bus est pris d’assaut par des hommes et se remplit avant même de
s’arrêter. Les femmes et les enfants suivent, les plus chanceux rejoignent les
sièges réservés par les pères de famille.
Pour notre correspondance à Theni, on nous avait promis des départs pour
Madurai toutes les minutes. Pas faux, les bus partent de la station pare-choc
contre pare-choc, rapidement remplis par la marée humaine des voyageurs. Nous
sommes obligés de forcer la main au jeune contrôleur qui rechigne à nous
laisser monter à cause de nos gros sacs (ils prennent de l’espace sans payer
leur ticket).
Le bus part, bondé. Pas tout à fait sans doute : au fil des arrêts, de nouveaux
passagers viennent s’agglutiner dans l’allée centrale. Dans les virages, ces
nouveaux venus s’écroulent à moitié sur les passagers assis… Paf ! un sac de
mangues vole et heurte ma tête. « Elles n’ont rien » semble me dire la jeune
femme souriante qui lutte contre la force centrifuge. Nos sacs à dos, eux,
servent sans doute de sièges à l’avant…
Nous sommes assis sur les fauteuils qui donnent sur la porte centrale, très
bien placés pour apprécier le spectacle de la montée et la descente dans le bus
en marche. Il est tellement plein qu’il déborde, une grappe humaine s’est
formée à l’extérieur du bus, accrochée aux barreaux des fenêtres sans vitre. Un
des hommes suspendus nous aperçoit. « Hello ! » nous lance son visage rieur. Il
entame la conversation, jetant seulement un coup d’œil de temps à autre pour
voir si le bus ne passe pas trop près d’un arbre ou d’un poteau de
signalisation. Quand il apprend que nous sommes français, il lance un « Oh… »
admiratif. « France, no cricket, only football ? ». A peine lui avons-nous
répondu que c’est pour lui le moment de descendre, ou plutôt de sauter. Il nous
fait de grands signes d’au revoir.
François