Missionnaires de la Charité – Kochi
Par Gabrielle et François le jeudi 11 juin 2009, 15:19 - Les porteurs d'espoir - Lien permanent
Le 19 mai, nous nous rendons au centre des Missionnaires de la
Charité de Kochi (Cochin), dans le Kerala. A l’extérieur, une statue
de Mère Térésa en indique l’entrée. La célèbre religieuse a fondé cet ordre
catholique en 1950, à Calcutta, pour venir en aide aux « plus pauvres des
pauvres » (mourants, handicapés, malades, orphelins…). Depuis, l’ordre a
essaimé et compte 4500 religieuses réparties dans plus de 600 missions à
travers 133 pays.
Nous sommes reçus par la Mère Supérieure du centre, Sœur Rosyline, à laquelle
nous proposons notre aide bénévole pendant 2 semaines. Pourquoi pas ? Les
volontaires sont toujours les bienvenus chez les Missionnaires de la Charité.
Elle répond brièvement à nos interrogations : ce centre est un orphelinat pour
enfants handicapés mentaux et nous pourrons participer au ménage, au service
des repas, et jouer avec les enfants. Par contre, voyant nos sacs à dos et
notre mine fatiguée, elle nous conseille de prendre une chambre en ville et de
nous reposer pour revenir frais et dispos le lendemain. Nous l’apprendrons
durant ces deux semaines : avant d’aider son prochain, il faut s’aider soi-même
pour être dans la meilleure forme possible.
Le centre Missionaries of Charity de Kochi
Le lendemain matin, nous retournons au centre pour notre première journée de
bénévolat. Dès notre arrivée, Soeur Rosyline nous invite à la suivre. Balai et
raclette en main, nous sommes mis à contribution pour le grand ménage quotidien
des dortoirs. Les seaux d’eau mousseuse se déversent entre les lits… Ensuite
direction la lessive : les 35 enfants sont changés plusieurs fois par jour, ce
qui fait un beau paquet de linge sale. Pas de machine, tout est fait à la main
selon une organisation bien précise : après le savonnage, chaque pièce de linge
passe successivement dans trois grands bacs d’eau. Nous sommes postés au
rinçage, il faut suivre la cadence ! Une fois lavé, le linge est monté d’un
étage dans de grands paniers pour être étendu sur la grande terrasse. Les
travaux ménagers terminés, nous sommes invités à prendre notre pause matinale
autour d’un thé et de biscuits fortifiants.
Vient le premier contact avec les enfants. C’est la première fois que nous
sommes confrontés à des personnes aussi « différentes ». Les enfants sont
handicapés mentaux, pour la plupart lourdement, et beaucoup présentent en plus
un handicap physique qui ne leur permet pas de marcher. Nous ne sommes pas très
à l’aise face à cette réalité habituellement si loin de nous. Que va-t-on
pouvoir leur apporter ? Nous allons devoir mettre de côté les jeux auxquels
nous avions pensé et trouver comment établir le contact avec ces enfants.
L’heure du déjeuner sonne. La plupart d’entre eux ne peuvent pas manger seuls,
et doivent être alimentés à la cuillère. Certains, qui ne peuvent tenir assis
seuls, sont nourris allongés. Difficile… Allons nous tenir ?
Nous nous accrochons, et revenons les jours suivants. Peu à peu, notre regard
change sur ces enfants, nous laissons nos références de normalité et entrons
dans leur univers. Nous comprenons le caractère de chacun d’eux, ce qui les
fait rire. Nous explorons de nouveaux modes de communication par les sons, le
regard, le toucher. Les enfants aussi s’habituent à nous. Les plus espiègles
nous accaparent dès qu’elles nous aperçoivent : Kala réclame des câlins et
Rincy, la commère, est toujours à vouloir nous montrer quelque chose.
Rincy et Gabrielle
Finalement, leur handicap ne nous importe plus. Nous voyons davantage la vie
que ces enfants portent en eux, les plus petits (Sopna, 9 ans) comme les plus
grands (Maria, 32 ans). Au-delà de leurs souffrances physiques, et du drame de
leur abandon, ils attrapent tous les petits bonheurs qui passent sur leur
chemin.
François a pris l’habitude de secouer le lit d’Alok à chaque fois qu’il passe
devant. Ce petit asthmatique, pour qui respirer est une souffrance, rit aux
éclats quand il sent son petit monde remuer. Il y a aussi Sopna, la petite
mélomane. Elle peut passer des heures à écouter le bruit que fait un objet en
tapant le sol. Mais ce qui lui plait, c’est « l’avion », quand on la prend dans
ses bras et qu’on la fait tourner.
Alok, Cherry, Krupa et Anila
Et puis il y a Subash, la star du dortoir B, qui ne communique que par le chant
et le rire. Il écoute très attentivement lorsqu’on lui sifflote « singing in
the rain » (c’est un jour de mousson), puis reprend sa chanson.
Subash
L’ambiance qui règne ici est joyeuse et sereine. Elle est le fruit du travail
accompli chaque jour par les 7 sœurs et les 12 laïques du centre qui aiment «
leurs » enfants et prennent soin d’eux.
Les laïques
Malgré notre inexpérience, les sœurs et les laïques nous intègrent et nous font
rapidement confiance pour nous occuper des enfants. Qui de nous se serait
imaginé un jour faire faire de la rééducation à des enfants handicapés ?
Gabrielle apprend auprès de la kinésithérapeute à solliciter leurs membres pour
les assouplir, les doigts, les mains, les pieds... Les enfants apprécient ces
petites séances de « gym à domicile ». Nous improvisons une petite classe avec
les plus studieux. En quelques leçons, Anita apprend à écrire son prénom et
celui de sa meilleure amie en alphabet latin…
François, Anita… et les jambes de Sikoti
Les jours passent, et c’est déjà la fin des deux semaines prévues. Les adieux
avec les laïques sont chaleureux (plus sobres avec les sœurs, réserve oblige),
nous n’avons pas l’impression d’être arrivés il y a si peu de temps… Vient le
moment de dire au revoir aux enfants. Anita, lorsqu’elle apprend que l’on va
partir, nous demande de revenir. Parmi les autres, qui s’en rend compte lorsque
nous les prenons dans nos bras une dernière fois ? Certains réaliseront sans
doute demain. En tout cas nous, nous réalisons tout de suite… ils vont nous
manquer.
Comment les aider ?
Les Missionnaires de la Charité ont besoin de financement pour poursuivre leur
action à travers le monde. Tous les dons doivent être envoyés au siège de
l’organisation, à Kolkata (Calcutta). Des dons en nature de vêtements sont
également appréciés, bien que le coût du transport depuis l’Europe soit sans
doute supérieur à des achats sur place.
L’aide bénévole est également la bienvenue. Les centres des Missionnaires de la
Charité sont généralement organisés pour permettre de recevoir des volontaires,
pour des durées plus ou moins longues. L’organisation dispose de centres à
travers toute l’Inde (Ahmedabad, Mysore, Chennai…) dans lesquels il est
possible de se rendre directement. Il est préférable de proposer ses services
en dehors de Kolkata (Calcutta) où les volontaires sont déjà très nombreux. Une
méthode simple est de se rendre sur place et demander l’adresse du centre «
Mother Teresa » le plus proche à un représentant de l’église catholique.
Contacts
Centre de Kochi
Missionaries of Charity
Eraveli Road
Kochi – Kerala
Siège de Kolkata
Mother House
Missionaries of Charity
78 A.J.C. Bose Road
Kolkata 7000014
West Bengal
India
Téléphone :
• +91 217 22 77
• +91 33 224 97 115
Pour faire un don depuis la France (reçu fiscal possible)
Association des oeuvres de Mère Teresa
62, rue de la Folie Méricourt
75011 Paris
(possibilité de préciser l'intention de destination)
Gabrielle et François
Commentaires
quelle expérience pour tous les 2.....bravo....je suis très émue en lisant votre article....vous avez, par votre humanitude, créé du lien avec ces enfants, et leur avez apporté du bonheur....bravo....
C'est une expérience très enrichissante pour tous les deux, que le bonheur que vouz leur avez apporté. Hier, à l'A.G de la Fédé, l'une de nos animatrices nous présenté le travail qu'elle faisait avec les papillons blancs de Redon en leur apprenant la danse africaine, et c'était émouvant de voir comment ces handicapés mentaux s'impliquaient ensemble, et nous faisaient participer avec eux à leur bonheur. Créer du lien, entre eux d'abord, et ensuite avec nous. C'était superbe, et ce que vous décrivez c'est exactement la même chose... mais d'une autre manière. Je suis aussi ému en vous lisant que je l'ai été hier soir...
Vraiment bravo pour votre proposition de passer deux semaines avec les orphelins des Soeurs de la Charité et pour la concrétisation! Vous avez certainement fait là une expérience inoubliable. En prime, j'ai pu découvrir vos visages à tous les deux . Heureuse poursuite de l'errance solidaire. Marie-Jo
Je vous envie vraiment ! moi j'ai fais une expérience dans un centre nutritionnel des missionnaires de la charité au Mali , j'avous que ça na pas été facile ! si vous vous avez pu avec des handicapés dont j'ai vu les images , alors je vous encourage .