25 jours en Iran
Par Gabrielle le mardi 26 mai 2009, 15:21 - Voyage voyage - Lien permanent
25 jours en Iran, autant que notre visa nous le permet. Nous pensions avoir tout notre temps, mais nous voilà déjà à la fin du voyage. A peine dans le bain et alors qu’il nous reste tant d’endroits à explorer… il est déjà temps de partir.
Malgré toutes nos bonnes intentions, il faut avouer que nous ne sommes pas arrivés dans ce pays remplis de sérénité. Premier hôtel, assez miteux. Au petit matin, des cris dans le couloir. Nous voilà pris de panique, sautant du lit à l’idée d’une possible descente de la police des mœurs… En fait, il s’agit plutôt d’une simple dispute de priorité pour la douche commune.
Quelques jours plus tard, nous embarquons pour Masuleh dans une fourgonnette improvisée taxi, nos sacs dans la remorque pleine de paille, nous sommes trois à l’avant, la police nous arrête. Cà y est, il vont nous embarquer ! Contrôle des passeports… qu’ils nous rendent avec un grand sourire, et « bon voyage ».
Autre ville, nous hélons un taxi (officiel cette fois) pour le terminal de bus. Nous roulons, roulons, sortons de la ville… Où nous embarque-t-il ? Je ne suis pas rassurée, mais nous finissons par arriver à bon port. Cela fait partie des petites choses à savoir : tous les terminaux de bus et les gares sont très excentrés. Dans le même registre, les taxis collectifs qui relient une ville à l’autre s’arrêtent à l’entrée. Les taxis de ville prennent alors le relais. Chacun son territoire ! Nous l’apprenons sur le tas, débarqués au milieu d’un carrefour sans explication…
Nous ne comprenons pas le farsi, et nous nous mélangeons souvent les pinceaux entre les rials et les tomans. Cela rend parfois les choses difficiles quand il s’agit de demander une direction ou de négocier un prix. Les taxis sont les plus durs en affaire. Patience, il nous suffit juste d’attendre un peu, et un ange gardien anglophone ou germanophone vole à notre secours, traduisant et négociant pour nous, heureux de faire notre connaissance et de nous rendre service.
De manière générale, les Iraniens sont contents de voir des étrangers venir leur rendre visite.
Ils tiennent à nous offrir un bon souvenir de leur pays ; nous recevons tous les jours des cadeaux : un thé, un repas, une glace, un coup de main, une ballade, un ticket de bus, une entrée dans un musée… Avec tout çà, nous finissons par nous détendre.
Nous passons nos dernières journées paisiblement à Yazd, une des villes les plus anciennes du monde aux portes du désert. Les premières grosses chaleurs nous poussent à adopter le rythme local : repos entre midi et 17 heures. Nous aimons l’atmosphère des ruelles étroites de la vieille ville toute brune. Nous flânons entre les murs faits de terre et de paille, à l’ombre des passages couverts, croyant toujours nous perdre. Ca et là, se dressent de grandes tours à vents qui refroidissent depuis des centaines d’années l’intérieur des maisons et l’eau des puits. Les derniers rayons du soleil ajoutent une jolie teinte dorée à l’ensemble avant que la nuit tombe et que la ville s’anime. C’est alors le moment d’aller faire ses emplettes. Nous nous sentons à l’aise dans cette ville paisible qui a un atout de choc : un glacier incroyable et ses glaces à la pistache absolument fabuleuses !
Nous avons adopté le rituel du thé. Les Iraniens en consomment à toute heure du jour, et partout. Sur le tableau de bord des chauffeurs de bus, se trouvent immanquablement un petit sucrier en porcelaine et une tasse, le thermos n’est pas loin. Dans le calme de la cour de l’hôtel, nous nous asseyons avec d’autres voyageurs sur de grands tapis autour du thé et échangeons nos impressions. Sans surprise, les femmes discutent du voile noué sur leur tête, le temps de dire qu’il est désagréable de ne jamais pouvoir sortir sans le mettre (même pour aller à la salle de bain commune). Elles savent qu’elles auront le choix de le retirer bientôt.
La conversation poursuit son cours. Chacun évoque les villes magiques, les paysages incroyables, les rencontres improbables, les découvertes, les bons moments … l’Iran ne laisse personne indifférent.
Gabrielle
(Plus d'images de Yazd dans l'album photos)
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