Le tour de la moitié du monde
Par Gabrielle le samedi 16 mai 2009, 14:24 - Voyage voyage - Lien permanent
5h00 du matin, le train entre en gare. Après notre périple dans le nord du
pays, et plusieurs jours à Téhéran ponctués de nombreuses visites… à
l’ambassade de l’Inde pour nos visas, nous voilà enfin dans cette ville dont le
nom seul fait rêver : Ispahan! Enfin presque… Un compagnon de route nous guide
de bus en bus jusqu’à un majestueux pont qui garde l’entrée de la ville.
Le soleil se lève, nous entamons la traversée. Les grandes arches de pierre de
part et d’autre du pont donnent vue sur la large rivière Zayandeh qui coule au
milieu de parcs verdoyants.
Nous nous engageons sur une grande avenue dotée d’une allée centrale fleurie ;
les jardiniers s’activent déjà. Nous trouvons une chambre malgré l’heure
matinale. Nous y prenons tout le repos nécessaire pour entamer le tour
de « la moitié du monde », surnom de la ville que l’on doit à un poète
français tombé sous son charme au 16ème siècle.
En ce premier jour, la visite va crescendo : d’abord la mosquée Hakim, la plus
ancienne d’Ispahan. Je pousse quelques notes sous le dôme… Avec un tel écho,
les imams pouvaient se passer de micro ! La ballade se poursuit à travers le
bazar, nous avons la sensation d’être entrés dans une ville souterraine. A
l’abri de hautes voûtes de briques, nous parcourons le dédale des ruelles
sombres, fraîches… et entièrement vides aujourd’hui : jeudi, premier jour du
week-end. Quelle étrange impression dans un lieu habituellement si grouillant
de vie !
Bazar-e-Bozorg, Ispahan
Nous débouchons de ce long tunnel un peu éblouis devant la mosquée Jameh, la
plus grande d’Iran, construite au fil des siècles et des dynasties, chacune
ayant laissé son empreinte. Dans la cour intérieure, les 4 iwans*
rivalisent de beauté. Pourtant, nous préférons déambuler à travers la forêt de
colonnes qui soutient l’édifice dans l’ombre et le silence des pièces
attenantes, ouvrant le passage vers les immenses dômes qui se dressent à chaque
extrémité.
Mosquée Jameh d’Ispahan
Dès la sortie de la mosquée, la tentation nous guette : le marché aux fruits et
toutes ces délicieuses friandises dont l’Iran a le secret… Non loin de là, nous
trouvons le marché aux oiseaux dans une toute petite cour où des centaines de
cages sont empilées. Les oiseaux tropicaux côtoient les poules, et des poussins
de toutes les couleurs se serrent dans de grands cartons, drôle de cacophonie
!
Après un nouveau passage à l’abri des voûtes du bazar, nous arrivons sans nous
y attendre sur la place de l’Imam… grandiose ! Nous restons bouche bée devant
cet immense ensemble rectangulaire bordé d’arcades (la deuxième plus grande
place du monde après la place Tienanmen à Beijing). En son centre, une fontaine
autour de laquelle sont agencés des espaces verts parfaitement
entretenus. Les familles s’y retrouvent pour pique-niquer ou discuter, les
étudiantes sont installées pour dessiner les splendeurs qui font la fierté du
pays : la mosquée de l’Imam et la mosquée Lotfollah dont les dômes bleus
turquoise étincellent sous le soleil.
Place de l’Imam
Nous grimpons sur la terrasse d’une maison de thé. Surprise, c’est la première
fois depuis le début du voyage que nous sommes entourés de touristes européens.
Comme eux, nous profitons de la vue imprenable sur ce tableau qui semble sorti
tout droit d’un conte des mille et une nuits. Peut-être est-ce l’impression que
le Shah Abbas Ier le Grand voulait donner de sa nouvelle capitale à ses
visiteurs ? La Mosquée de l’Imam est sans doute la pièce maîtresse de cette
place. En pénétrant derrière ses hautes portes, nous ne savons plus où donner
de la tête devant tant de beauté et d’harmonie. Nous sommes pris d’une frénésie
de photos devant les mosaïques, les dômes, les minarets, les voûtes… qui se
poursuit sous le grand dôme de sa voisine, la mosquée Lotfollah. Des oiseaux se
sont invités, nous suivons du regard leur vol entre les fleurs et les poèmes
calligraphiés en lettres persanes.
Mosquée de l’Imam
Au milieu de tous ces trésors du passé, Ispahan vit au présent. Nous profitons
du calme des grands parcs où s’organisent des parties d’échec à côté des engins
de musculation en libre service. Nous goûtons l’ambiance d’un week-end
ensoleillé, où les familles migrent sur les bords de la rivière pour passer la
journée à l’ombre des arbres avec tout le nécessaire pour pique-niquer.
Il n’est pas rare d’être invité à partager le thé. Certains se reposent,
lisent ou révisent, pendant que d’autres font une petite promenade en pédalo
sous les grands ponts de pierre. On se croirait presque un dimanche d’été sur
les bords de Marne…
Gabrielle
* Hall voûté ouvert sur une cour intérieure
(Plus d'images des merveilles d'Ispahan dans l'album photos)
Commentaires
ça fait rêver et ça donne très envie d'y aller....Jusqu'aux petits poussins qui sont colorés...!!!!! Je me représentais l'Iran austère....;merci à vous de nous faire découvrir les richesses de cette civilisation.
Je suis toujours vos aventures avec autant de plaisir... L'Ispahan pour moi, c'était un délicieux gâteau de Pierre Hermé : quelle gourmande je fais! A propos, je vous ai fait un peu de pub sur mon blog, ici : http://plaisirsante.canalblog.com/a...
Bises, à très vite
Clémence
C'est amusant le coup des poussins, il y a également les mêmes à Casablanca !
Ah, Ispahan ! Depuis que j'ai lu la vie d'Avicenne, je rêve de la voir !
In last weeks Economist, there's a semi-decent article on reading sentiment from large masses of anecdotal data (tweets, mainly).
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