Vendredi 27 mars. Après une semaine de visites des activités de SPFA à Khatchen et Khnabad, Rosane nous offre une journée de tourisme à la découverte des merveilles du Karabakh. Avec deux de ses amis, Advid et Gahen, nous nous entassons dans le petit 4x4 Lada avec un volumineux pique-nique et partons pour le monastère de Dadivank.

Nous roulons jusqu’au lac de Sarsang, au nord du Karabakh. Peu après se trouve la mine d’or de Drmbon, la voiture quitte alors la route dorsale impeccable construite avec l’aide de la diaspora arménienne, et s’engage vers l’ouest sur une route défoncée qui serpente le long d’une petite rivière.

          Le lac de Sarsang

Nous arrivons au monastère de Dadivank. Niché dans le repli d’une montagne, il domine toute la vallée. Nous sommes les seuls touristes aujourd’hui, une vieille femme du hameau voisin vient nous vendre les cierges rituels (à acheter et allumer dans tous les édifices religieux visités). Elle s’évertue à nous parler en russe, malgré tous nos « Ruski niet », et semble décontenancée que nous n’en comprenions pas un mot.

          Dadivank

La visite est finie, la voiture reprend son chemin vers l’ouest. Il est plus de 14 heures et nous attendons patiemment qu’Advid se gare dans un coin de nature pour le pique-nique promis, mais il continue de rouler…

La route emprunte un antique tunnel, taillé à même le roc, puis se transforme en chemin courant au fond d’un canyon étroit. Nous franchissons la rivière sur une passerelle en béton armé, si usée que les tiges d’acier semblent vouloir s’en échapper, le passage de la voiture les fait s’entrechoquer dans un bruit métallique. Nous nous enfonçons lentement vers l’inconnu en profitant de la beauté des paysages qui s’offrent à nous.
 
Nous avons quitté les limites théoriques du Haut-Karabakh depuis deux heures, et nous sommes maintenant dans ce petit bout d’Azerbaïdjan qui séparait le Karabakh de l’Arménie avant la guerre. Nous étions dans un pays qui n’existe pas, nous roulons à présent au milieu de nulle part…

          Paysage de nulle part

Enfin nous arrivons dans une vaste clairière. A notre grande surprise, malgré les kilomètres parcourus dans une nature presque vierge, nous ne sommes pas les seuls… deux autres véhicules sont arrêtés, leurs occupants se baignent dans un cratère d’où jaillit une eau bouillonnante venue des entrailles de la terre.

Le coffre ouvert, nous découvrons ce que signifie le mot « pique-nique » pour les Arméniens. Rien ne manque, même le fagot de bûchettes a été prévu pour la cuisson des rolovatz, les « brochettes » arméniennes…

          Gahen surveille la cuisson

Jamais nous n’avons vu des « brochettes » cuisinées avec tant de soin (mais est-ce que le mot « brochette » suffit à traduire ce qui se prépare ?).


 Pique-nique à l’arménienne

Après le repas : baignade dans la source thermale qui nous fait de l’œil depuis notre arrivée. Nous plongeons doucement dans l’eau délicieusement brûlante… La vie est belle !

Nous partons à la tombée du jour, cette fois c’est Gahen qui pilote. Malgré les nombreux nids de poule difficiles à éviter de nuit, les uns s’endorment et les autres s’absorbent dans leurs pensées après cette belle journée passée ensemble.

François