SPFA Karabakh
Par Gabrielle le mercredi 15 avril 2009, 15:30 - Les porteurs d'espoir - Lien permanent
SPFA (Solidarité Protestante France-Arménie) débute ses actions en Arménie à Gumri en 1990. En 2004, l’association se tourne vers le Haut-Karabakh. Cette province autonome d’Azerbaïdjan peuplée d’Arméniens a proclamé son indépendance en 1991. Une guerre de 3 années a suivi provocant nombre de victimes et de destructions, et dont le Karabakh se relève peu à peu. Rosane, une jeune femme de l’équipe de SPFA Erevan part fonder un nouveau bureau à Stepanakert, la capitale.
Avec Rosane et Jacques Matossian
Elle commence par y développer les activités francophones en créant notamment une bibliothèque où de jeunes enfants du quartier viennent lire des livres en français et s’amuser. Nous avons participé avec beaucoup de plaisir à l’animation des ateliers qui ont lieu tous les jours de la semaine après l’école. Nous avons rencontré des enfants heureux d’être là et prêts à découvrir tout ce que nous leurs proposions.
L’aventure à Khatchen commence dès 2004, avec un bel objectif : aider
le village à reprendre son envol et permettre ainsi à ses 372
habitants de rester sur leurs terres.
Khatchen fait partie des villages prioritaires désignés aux ONG par les
autorités du Haut-Karabakh. Situé à une vingtaine de kilomètres de Stepanakert
et facilement accessible par la route, ce village réunit les conditions pour un
suivi optimal. Rosane peut ainsi s’y rendre une à deux fois par semaine. Elle
nous confie qu’elle connaît tous les habitants par leur prénom ! Depuis un an,
SPFA a achevé l’ensemble de ses projets à Khatchen, et en assure à présent le
suivi.
Rosane et
une habitante de Khatchen
Il est 10h, nous sommes à l’heure pour partir visiter Khatchen. Tout au long de la route, nous profitons de la beauté des paysages du Karabakh.
Khatchen
A notre arrivée nous découvrons le charme de ce petit village tranquille. La voiture s’arrête devant la mairie où Ernest Grigorian nous accueille. Maire depuis 2004, il collabore avec SPFA depuis le début du projet : le parrainage des familles démunies, la rénovation du réseau d’eau et de l’église, la construction de la maternelle, la mise en place des micro-crédits… L’intervention de SPFA est globale, et reflète bien sa philosophie d’action : « il faut tout faire ou ne rien faire » nous explique Rosane. En s’attaquant un par un à l’ensemble des problèmes dans un village donné, SPFA s’est donné les moyens de redonner de bonnes conditions de vie aux habitants, leur évitant des départs difficiles vers la capitale ou à l’étranger.
Cette philosophie, Jacques Matossian, le responsable des projets de SPFA, l’applique également aux ouvrages qu’il réalise. L’église qui servait de grange pendant la période soviétique a reçu son coup de baguette magique en 2006. Elle a fière allure à présent, avec ses voûtes en pierre et ses portes de bois sculptées. Les habitants témoignent de l’importance d’avoir retrouvé à la fois un centre spirituel et un lieu pour se réunir.
L’église de Khatchen
Jacques Matossian n’était pourtant pas venu pour elle, mais pour rénover le réseau d’eau afin que tous les habitants aient accès à l’eau 24 heures sur 24 (ce qui est rare en Arménie). Une fois le réservoir installé, tous les villageois ont été invités à creuser la tranchée reliant leur maison au réseau central. C’est un autre point clé du mode d’intervention de SPFA : les bénéficiaires des projets doivent participer à leur réalisation dans la mesure de leurs moyens.
Rosane aime l’esprit d’initiative des habitants de Khatchen et leur volonté d’avancer ensemble. Son mot d’ordre : « il faut écouter les gens, ils savent ce dont ils ont besoin ». Pour aider SPFA à organiser et orienter son action, les décisions sont prises par un conseil réunissant des habitants, des élus et les membres de SPFA.
En 2004, SPFA commence son action en cherchant à réduire la pauvreté. Quelques
familles sont parrainées directement par l’association ; d’autres sont choisies
pour recevoir une vache, dont le premier veau sera donné à une autre
famille…
Bien vite, les habitants demandent à l’association de leur donner plutôt les
moyens de créer eux-mêmes leurs revenus.
SPFA fait don d’une moissonneuse et d’un tracteur au village. La mairie les
loue aux agriculteurs : ceux-ci, assurés de disposer des outils pour récolter,
n’hésitent plus à semer. La mairie utilise les revenus de la location pour
venir en aide aux personnes âgées.
En 2008, pour aller plus loin dans cette démarche d’aide à la création
d’activité, SPFA met en place un programme d’octroi de
micro-crédits (prêts de faible montant
attribués à des personnes qui ne peuvent accéder aux prêts bancaires
classiques). Après en avoir expliqué le fonctionnement, l’association
étudie les projets présentés par les intéressés (achat de bétail ou de
semences). Ceux qui sont retenus reçoivent 1000$, à rembourser sur 3 ans à taux
0. Des groupes de 3 à 5 personnes solidaires les unes des autres sont
constitués et la mairie apporte également sa garantie en cas de défaillance
d’un emprunteur.
Nous rencontrons Arthur. Grâce au micro-crédit dont il bénéficie, il possède à
ce jour deux vaches et dix veaux. Il est heureux d’avoir à la fois un revenu
pour faire vivre sa famille, et un travail dans lequel s’investir.
Arthur
Permettre aux enfants d’aller à l’école et d’étudier dans de bonnes conditions est une autre condition essentielle du maintien des familles dans le village et un investissement de premier plan pour l’avenir.
Nous nous dirigeons vers la maternelle. La directrice nous présente les locaux flambant neufs construits l’an dernier par l’équipe de Jacques Matossian. A notre arrivée, nous trouvons les enfants en plein repas, ils dégustent les pommes de terre du jardin que l’équipe enseignante cultive sur son temps libre pour améliorer l’ordinaire. Elle nous confie son plaisir de pouvoir accueillir les enfants dans de si bonnes conditions.
Les remerciements vont à SPFA ainsi qu’au gouvernement du Karabakh qui a financé la construction pour moitié. La logique est la même pour toutes les interventions concernant des infrastructures publiques. SPFA tente toujours d’associer les autorités à la construction, et ne se lance jamais dans des travaux sans avoir l’assurance qu’elles prendront en charge l’intégralité des coûts de fonctionnement.

A l’entrée du village se trouve l’école. Pour lui donner d’avantage de moyens, SPFA fait don de 10 ruches. Grâce à la vente du miel, l’école ouvre une cantine scolaire où elle accueille chaque jour les élèves gratuitement. Les revenus générés contribuent également à renouveler le matériel et les manuels scolaires. Aujourd’hui 24 ruches produisent chaque année 180 kgs de miel. A 2500 drams le kg, cela fait 450 000 drams par an, soit environ 1000€, alors que l’investissement de départ est de 100€ par ruche. Nous goûtons cet excellent miel en compagnie du maire à l’occasion d’un « petit » café à l’Arménienne.
Forte de ce succès, l’école ouvre en 2008 un atelier pour construire ses propres ruches avec l’aide de SPFA. L’apiculture est devenue la discipline enseignée lors des cours de travaux manuels.
(photographies SPFA)
A la fin de notre visite, Rosane nous annonce fièrement que le nombre d’élève de l’école est passé de 42 à 48 cette année, signe que le travail de SPFA commence à porter ses fruits ! « Lorsque les enfants sont là, le village ne peut pas mourir ».
SPFA a réussi son projet à Khatchen à force de persévérance et de dialogue avec les habitants… mais également pour convaincre les donateurs financiers de le soutenir. N’étant pas reconnu en tant qu’Etat, le Haut-Karabakh ne peut aspirer à aucune sorte de subvention de la communauté internationale. SPFA se tourne donc vers les financements privés, et remercie à ce titre la fondation Suisse Armenianos.
L’histoire ne s’arrête pas là : à Khnabad, elle ne fait que commencer. Ce
village d’un millier d’habitants à la frontière de l’Azerbaïdjan a
particulièrement souffert de la guerre. Une partie de l’école a été détruite
lors des bombardements. Le directeur, Zaven Beglarian, nous expose les projets
en cours avec SPFA. Le bassin extérieur va être rénové afin d’irriguer les
arbres fruitiers du jardin dont la vente génère des revenus pour l’école. Comme
à Khatchen, un don de 10 ruches est prévu. De nouveaux sanitaires seront
également construits.
En 2008, SPFA a déjà réalisé la rénovation du réseau d’eau à l’intérieur du village. SPFA met en place cette année le parrainage de 3 familles, l’achat de moutons et de vaches pour 11 familles, et 2 micro-crédits pour un élevage commun de volailles. De nombreux autres projets sont en attente de financement, comme la rénovation de la toiture de l’école qui présente de sérieux signes de faiblesse.

Les habitants que nous croisons engagent volontiers la conversation avec nous et ne nous laissent pas repartir sans quelques friandises. Après un tel accueil, on ne peut que leur souhaiter ainsi qu’à SPFA autant de réussite qu’à Khatchen !
Comment les aider ?
Rosane nous donne des pistes très concrètes pour soutenir l’action de SPFA au Karabakh :
- des animateurs bénévoles pour la colonie de vacances qui se déroule chaque année pendant une semaine fin juillet. Des bénévoles francophones de SPFA Arménie seront aux côtés des volontaires. C’est une belle occasion de découvrir les beautés du Karabakh !
- des sacs de couchage de seconde main pour les colonies
- des livres pour enfants afin de renouveler la bibliothèque du centre de Stepanakert
- des financements pour les projets de Khnabad
Contacts
SPFA (Solidarité Protestante France Arménie) en France
1 rue Cabanis / 75014 Paris
E-mail : Paris@spfa-armenie.org
Site Internet : www.spfa-armenie.org
Téléphone : +33 1 47 35 30 23
Fax : +33 1 53 80 19 49
SPFA au Karabakh
5, rue Maschots / Stepanakert
E-mail : armrouz@yahoo.fr
Téléphone : +374 97 26 77 67
Gabrielle
Commentaires
Avec un peu de retard j'ai enfin pris connaissance de vos differentes aventures qui me donnent vraiment envie de mettre mes pas dans les vôtres! Ma chère Gaby je vois que tu es on ne peut plus dans le partage du pain, cum panem, compagonnage et j'en suis bien heureuse pour toi. Je vais communiquer votre adresse à l'association culturelle arménienne de Bordeaux et j'espère que cela vous amenera de nouveaux contacts. Jean Claude et moi vous souhaitons à tous deux de continuer ainsi sur votre chemin fait de rencontres si riches et nous vous embrassons aussi fort que nous le pouvons malgré la distance vous n'êtes jamais bien loin de nous. Agnès et j-c.
Coucou! Tres beau voyage, vous nous faites decouvrir des endroits merveilleux qui nous donnent envie de nous lancer a notre tour dans un voyage autour du monde! Bravo a vous pour ce que vous faites ainsi qu'aux associations qui aident a ameliorer la vie des habitants!
Chad abrisse tzer polorite!
Meline Matossian