Avant d’arriver au Karabakh nous faisons étape à Goris. De là, nous partons pour le village de Vorotan, à une dizaine de kilomètres au sud de la ville. Nous rencontrons Kamo Baghdassaryan, un professionnel de la pisciculture qui tente de faire revivre la ferme piscicole de Vorotan.

          La ferme piscicole de Vorotan

Cette ferme est née à l’origine d’un programme gouvernemental pour développer la région. Le projet fut abandonné lors de la guerre du Karabakh : le village, à 300 mètres de la frontière avec l’Azerbaïdjan, était la cible de bombardements en raison de sa proximité avec l’usine hydroélectrique qui alimente Goris. Suite à la guerre, la population azérie de Vorotan quitta l’Arménie pour l’Azerbaïdjan ou la Russie, et des réfugiés arméniens d’Azerbaïdjan s’installèrent dans le village, sans les connaissances ni les moyens nécessaires pour reprendre l’exploitation de la ferme.

Depuis 1 an et demi, Kamo Baghdassaryan anime une équipe de 10 volontaires du village qui travaillent bénévolement pour restaurer la ferme et relancer peu à peu l’élevage de poissons. Pour reconstruire leur vie et créer leur emploi, les volontaires n’hésitent pas à avancer les premiers frais pour la réparation des bassins et l’achat des premiers alevins sur leurs propres deniers. Ils installent également un bassin de reproduction pour l’éclosion des œufs.

          Un futur pensionnaire de la ferme

Aujourd’hui, la ferme élève 7 000 petits poissons. Pour l’instant, la production n’est pas suffisante pour la vente mais permet de nourrir les familles des volontaires qui se paient en poisson. La ferme respecte également la tradition de générosité arménienne en fournissant gratuitement du poisson aux démunis, retraités et veuves de guerre pour leurs cérémonies importantes (mariages, décès…).

          Kamo Baghdassaryan au travail

Le travail bénévole de l’équipe menée par Kamo Baghdassaryan a permis la remise en état de la ferme et son exploitation. Aujourd’hui, les volontaires ont encore du mal à acheter la nourriture en quantité suffisante pour que les poissons atteignent rapidement leur taille adulte. Ce problème retarde la première vente qui permettrait d’obtenir le fond de roulement nécessaire pour lancer durablement l’exploitation et, à terme, fournir un revenu stable aux bénévoles. Ces difficultés n’entament en rien le volontarisme de ces hommes qui savent que de leur succès dépend l’avenir de Vorotan.

En effet, leur projet est très prometteur. Dans la vallée de Vorotan, les conditions d’élevage sont des plus favorables : le climat et l’ensoleillement sont particulièrement adaptés à cette activité, et l’eau qui alimente les bassins provient directement des montagnes environnantes. La ferme piscicole pourrait fournir en poissons toute la région de Syunnik (140 000 habitants) ; actuellement, le poisson vendu à Goris provient généralement de Erevan ce qui en fait un plat relativement onéreux.
 

 Comment les aider ?

Les bénévoles de la ferme ont besoin d’un coup de pouce pour acheter de la nourriture pour les poissons en quantité suffisante pour obtenir cette première grande « récolte » et pérenniser l’activité.

La ferme piscicole de Vorotan a aussi besoin d’aide pour la restauration de certains bassins encore en mauvais état. Ce ne sont pas les bras ni les bonnes volontés qui manquent, mais l’argent pour l’achat de matériaux et de pièces détachées.

 

 

Contact

Pour contacter l’équipe de la ferme piscicole, s’adresser à Gagyk Mkrtchyan, ingénieur à l’usine hydroélectrique voisine de Vorotan. Il parle allemand et russe (en plus de l’arménien), et comprend un peu l’anglais et le français.

E-mail : vorotanges@mail.ru
Adresse de l’usine : 2 Gr.Tatevacy str. Goris t. R of A 377830
Téléphone :
• A l’usine : +374 12 85 113 / +374 84 22 030
• Mobile : +374 84 09 46 47 99

François