Le 14 octobre, nous partons pour Ongkharak, dans la lointaine banlieue de
Bangkok. Le chauffeur de taxi nous arrête au bord d’un des nombreux petits
canaux qui quadrillent la région. Nous traversons le cours d’eau qui nous
sépare de notre destination à l’aide d’un petit bac en bois tiré par des
cordes. Les gamins qui l’utilisaient comme plongeoir avant notre arrivée nous
accompagnent à la nage vers l’autre rive.
Nous accostons l’ashram de Wongsanit, qui se définit comme une
« communauté spirituelle dévouée au développement et à la promotion
d’un mode de vie alternatif ancré dans les principes bouddhistes, la diversité
culturelle et le respect de l’environnement ». A peine débarqués,
nous sommes accueillis par Phienphan Thamrongruttanarit, surnommée « Apple ».
Elle nous invite à nous restaurer dans le joli réfectoire de l’ashram, puis
nous montre notre chambre. Nous commençons notre séjour par prendre quelques
instants de repos. Le lieu, rempli de verdure et de sérénité, s’y prête à
merveille.
Nous retrouvons Apple un peu plus tard dans les bureaux de l’ashram : une belle
pagode de bois au milieu d’un étang, qui semble flotter au milieu des fleurs de
lotus. Nous nous installons sur la large terrasse du rez-de-chaussée ouverte
sur l’extérieur qui sert de salle de réunion. Apple nous en dit un peu plus
long sur l’activité de la communauté de Wongsanit.
La pagode de
l’étang aux lotus, centre administratif de l’ashram
L’ashram est fondé en 1984 par l’activiste social thaïlandais
Sulak Sivaraksa et les membres de la fondation Sathirakoses-Nagapradipa. En
langue sanskrit, ashram signifie littéralement « travail sur soi ». De
fait, la première mission des familles qui rejoignent la communauté est
d’expérimenter une nouvelle manière de vivre, tant au niveau
pratique que spirituel, qui pourra inspirer et aider la société à
évoluer vers plus d’harmonie. L’ashram compte aujourd’hui une
trentaine de membres. Ils forment en quelque sorte une équipe de «
chercheurs en vie meilleure » qui font de leur quotidien leur
premier terrain d’expérimentation.
L’ashram prône une vie simple, hors du système consumériste, qui permette d’une
part de préserver la nature et retrouver ses bienfaits et d’autre part de
gagner en indépendance. Les membres de la communauté commencent par développer
leurs propres cultures selon des méthodes biologiques. En visant
l’auto-suffisance, ils se donnent les moyens de manger sainement sans abîmer la
terre. Ils plantent également des centaines d’arbres pour faire du terrain de
l’ashram un parc ombragé et frais. Leur autre grand projet, la construction
d’habitations à base de matériaux naturels, s’inscrit dans leur principe de «
faire plus avec moins ». Les bâtiments de la communauté sont réalisés l’un
après l’autre selon ces techniques.
Une bibliothèque est construite dès le début du projet. Elle accueille
aujourd’hui plus de 10000 ouvrages : philosophie, spiritualité, sociologie,
mais aussi développement et ouvrages pratiques d’écologie appliquée, un coup
d’œil sur les rayonnages en dit long sur les principales préoccupations des
habitants de Wongsanit.
La gestion de la communauté est basée sur le partage de l’information et la
concertation. Chaque mois, les membres se réunissent et les difficultés
éventuelles sont alors soulevées devant tous. Le partage de valeurs communes et
la pratique de la méditation aident les habitants à mettre de côté leur ego
pour avancer de manière constructive.

En 1992, les membres de l’ashram ont acquis une expérience significative qu’ils
sont prêts à partager. L’ashram devient un lieu d’accueil où sont organisées
des formations pour diffuser le savoir acquis par ses
membres.
Nous rencontrons Sombat
Tharak, surnommé « Nui ». Il a rejoint l’ashram il y a 10 ans, attiré par un
environnement de travail qui encourage le développement personnel et par la
grande liberté laissée dans les moyens de se réaliser. Aujourd’hui, il est le
responsable du programme de formations de la communauté.
Les formations de l’ashram accueillent 400 à 500 participants par an, à raison
de 2 à 3 sessions par mois. Les thèmes sont variés et reflètent la diversité
des domaines de recherche : formations en agriculture biologique, construction
écologique, médecine douce, ou bien stages de méditation, retraites
silencieuses, cures de désintoxication du corps…
Les formations dispensées sont toujours basées sur une expérience concrète.
Yupin Tabsisod est la chef cuisinière de l’ashram depuis 17 ans. Pour répondre
aux exigences de vie saine de la communauté, cette autodidacte a développé des
recettes de cuisine biologique et bonne pour la santé qu’elle expérimente au
quotidien dans le réfectoire de la communauté. Aujourd’hui, elle partage son
expérience à travers des formations et un livre de ses recettes sera édité pour
le 25ème anniversaire de l’ashram en décembre prochain. L’ashram est en effet
en train de se donner une nouvelle mission : mettre par écrit toutes les
connaissances accumulées pour les mettre à disposition d’un public encore plus
large.
Yupin Tabsisod (deuxième en partant de la gauche) et son équipe de
cuistots
Pour l’instant, le programme de formation de l’ashram de Wongsanit vise
essentiellement un public thaïlandais, les cours étant dispensés en thaï.
Néanmoins, tous les visiteurs sont les bienvenus et un stage est
organisé en anglais tous les ans sur le thème de la conception
d’écovillages.
L’ashram de Wongsanit accueille également des stagiaires birmans, laotiens et
cambodgiens et les forme à l’organisation de communauté ainsi qu’aux
différentes techniques qu’il a développées. Pour les fondateurs de l’ashram, la
Thaïlande, le pays le plus riche de la région, se doit d’aider ses voisins
moins bien lotis. Rien que pour la Birmanie, le programme GTLP (Grassroots
Leadership Training for Burma) a permis en 12 ans la formation de plus de
300 leaders de communautés, qui ont à leur tour diffusés leurs connaissances
dans leur pays : une aide concrète et durable pour les habitants de villages
souvent marginalisés par la junte birmane.
Formation dans un bâtiment de l’ashram aux murs en briques de terre
séchées
Lors de notre dernier jour à l’ashram, nous sommes invités à assister au stage
de construction de maisons en terre qui débute. Les ingénieurs de l’ashram se
sont inspirés des méthodes de construction traditionnelles africaines et ont
adapté la technique aux ressources et au climat thaïlandais.
Nous participons avec les autres stagiaires à la première étape : la
fabrication de briques. Elles sont constituées d’un mélange optimal d’argile,
de sable et de paille de riz, puis séchées au soleil. Les avantages de ce
matériau sont nombreux : quasi-gratuit, plus durable que ses concurrents du
commerce, il procure aussi une meilleure isolation thermique. En plus, il est
100% biodégradable en cas de démolition. L’après-midi est consacrée à la
pratique, la technique est d’une simplicité déconcertante… Sans doute pour
inspirer les participants, l’animateur conclut la journée avec un diaporama
présentant des exemples d’habitations réalisées en matériaux naturels en
Thaïlande et dans le monde. Elles sont plus belles les unes que les autres,
nous sommes convaincus…
Dosage, malaxage et moulage des briques…
L’ashram de Wongsanit développe ses activités selon la méthode bouddhiste :
d’abord s’améliorer soi-même, puis partager son expérience avec ceux qui le
souhaitent. Les membres de la communauté poursuivent leurs recherches dans les
3 directions indiquées dans leur devise : « Head, Heart and Hand » (la tête, le
cœur et la main), convaincus que, pour parvenir à l’harmonie, ces 3 aspects de
l’existence doivent être cultivés chez chacun.
Comment les aider ?
L’ashram de Wongsanit tire ses revenus de l’accueil des visiteurs et des
formations. Il tente de parvenir à l’autosuffisance mais des dons sont les
bienvenus.
L’ashram accueille en permanence des bénévoles.
Contacts
Wongsanit Ashram
Klong 15 Rangsit, Ongkharak Road
Nakhon Nayok 26120
Thaïlande
Téléphone : +66 (0) 37 333 182 / +66 (0) 37 333 183
Fax : +66 (0) 37 333 184
E-mail : ashram@semsikkha.org
François

Nous
découvrons le Népal, passerelle montagneuse entre l’Inde et le Tibet, carrefour
d’influences,
Près de Bhaktapur, dans
la vallée de Katmandou, nous rencontrons les jeunes membres de l’association
Le Népal est connu
pour ses montagnes, les plus hautes du monde. Nous partons dans l’Himalaya pour
une randonnée de 2 semaines 
L’école Saraswati Pathshala… en partie encore en travaux
Au Pendjab,
nous découvrons Amritsar, la ville sainte des Sikhs, et son célèbre
Nous
descendons plus au sud, dans le désert du Thar, et rencontrons les fondateurs
de
Nous traversons
le Rajasthan,
En
chemin, nous faisons halte à Tilonia, près d’Ajmer. Nous y visitons le campus
du
Dernière
étape indienne à
Le nouveau campus
Première
étape à
Entre
Ahmedabad et Delhi, nous faisons halte à Udaipur. De là, nous partons découvrir
le superbe
A Delhi, nous visitons le
Nous
poursuivons notre route vers le nord,
Nous
passons les derniers jours de juillet à
Activités du centre de Nai Disha
Dr
Suman Chahar
Une
centrale à biogaz Sulabh et ses différentes applications : production
d’électricité, cuisinière, chauffage, éclairage…

Samedi
4 juillet. Nous rencontrons Pratibha Pandya, une des responsables de
SEWA (Self Employed Women Association), dans les locaux de
l’organisation à
Les poissonnières de SEWA
Dans la maison de Gandhi
Temple jaïn (en haut) et mosquée Jumma Masjid (en bas)
Dada Hari