Esp'errance

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Les porteurs d'espoir

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lundi 30 mars 2009

SPFA Gumri – Santé, éducation et actions sociales

En dehors de ses projets d’approvisionnement en eau, SPFA (Solidarité Protestante France Arménie) mène à Gumri depuis 1990 de nombreux autres chantiers pour donner à la population les moyens de se relever du séisme. Nous partons en visite à travers la ville accompagnés de Gagik Papikian et de Lilith Haroutunian.


Première étape : l’hôpital infectieux du quartier d’Ani. Karine Tonoyan, la directrice de nous reçoit pour nous parler des actions menées par SPFA dans son établissement depuis 1997.

En plus des réalisations pour l’approvisionnement de l’hôpital en eau potable, SPFA a largement contribué à sa rénovation. De 1997 à 1998, l’association finance et organise le remplacement de 1 500 m² de toiture (charpente et couverture), les malades peuvent être soignés au sec. Puis, le laboratoire et les sanitaires de l’hôpital sont refaits à neuf. Enfin, en 2008, SPFA installe le chauffage et remplace 150 fenêtres… Auparavant, sans chauffage l’hiver, le personnel soignant devait travailler en manteau…


Nous continuons notre visite par l’hôpital Samariter, où Raphaël Khatchatarian, le directeur, nous présente lui-même le travail effectué par SPFA.

En 2005, l’association participe à l’installation de l’unité d’hémodialyse, la seule de Gumri. Auparavant, les patients devaient se rendre à Erevan pour suivre leur traitement, et beaucoup ne pouvaient pas y aller faute de moyen. Rappel : l’hémodialyse est nécessaire pour les malades des reins (les greffes de reins sont interdites en Arménie), faute de quoi leur espérance de vie est limitée et ils endurent de grandes souffrance. Une séance d’hémodialyse dure 4 heures, à renouveler 3 fois par semaine…

En 2008, l’association rénove et aménage les unités de cardiologie et de réanimation. Elle récupère l’équipement nécessaire en France où les normes en vigueur limitent la durée d’utilisation des appareils.

 

 



Nous arrivons ensuite devant le centre d’accueil pour enfants handicapés « Pyunnick », flambant neuf. A côté, un vieux baraquement délabré : nous avons du mal à croire qu’il s’agit de l’ancien centre. Le jour où Aram Khatachatarian a emmené Jacques Matossian dans ce centre, ce dernier n’a pu rester indifférent. Grâce à son travail un nouveau bâtiment a ouvert ses portes en 2007.

          L’ancien et le nouveau bâtiment du centre Pyunnick

La directrice du centre « Pyunnick », Armine Nikhogossian, nous accueille. Lors du séisme, elle a perdu ses jambes et deux enfants. Depuis plus de 10 ans elle met toute son énergie à favoriser l’insertion des enfants handicapés. Aujourd’hui, le centre accueille 250 enfants dans les meilleures conditions. Il ne lui manque plus qu’un petit bus pour le ramassage des enfants, actuellement assuré par des bénévoles avec leur voiture.


Le lendemain, Gagik Papikian nous emmène voir le centre « Endanik ». Ce vaste bâtiment accueille aujourd’hui 1 300 enfants pour des activités extra-scolaires, et un deuxième bâtiment est en cours de rénovation pour augmenter la capacité d’accueil. Nous sommes impressionnés par les équipements mis à disposition des enfants et par la qualité des travaux réalisés. Nous croyons au début à une erreur de traduction, mais non, il ne s’agit pas d’une école professionnelle…

          Les activités du centre Endanik

La visite continue par le « resto du cœur » ouvert pas SPFA en 1996. 160 retraités et personnes handicapés y sont accueillis tous les midis, mais faute de fonds le restaurant ne peut ouvrir que 7 mois dans l’année. Il est l’heure du déjeuner et nous sommes invités à partager le repas servi.


Comment les aider ?

Le centre SPFA de Gumri s’est spécialisé dans la construction et la rénovation des infrastructures. L’objectif de l’association est de fournir des équipements dont l’entretien et le fonctionnement doivent ensuite être pris en charge par les autorités locales. Lors de nos visites, nous avons constaté la qualité des travaux réalisés et du matériel fourni. Les personnes rencontrées témoignent de leur satisfaction et de leur reconnaissance envers SPFA. Pour poursuivre de tels projets, l’association a besoin de financements et de matériel médical.

L’association mène parallèlement aux actions de développement des actions humanitaires à destination des plus vulnérables, et à ce titre est intéressée par des dons en nature de vêtements et de chaussures.

Contacts

SPFA (Solidarité Protestante France Arménie)
1 rue Cabanis / 75014 Paris
E-mail : Paris@spfa-armenie.org
Site Internet : www.spfa-armenie.org
Téléphone : +33 1 47 35 30 23
Fax : +33 1 53 80 19 49

Gabrielle et François

jeudi 26 mars 2009

SPFA Gumri – De l’eau 24 heures sur 24

SPFA (Solidarité Protestante France-Arménie) est présente à Gumri depuis 1990, avec pour objectif d’aider la ville à se relever du séisme qui l’a dévastée en 1988. Nous avons entendu parlé de cette association à travers un projet qui a permis aux habitants de tout un quartier de Gumri, dénommé « Ani », d’avoir accès à l’eau 24h/24 ; nous avons voulu en savoir plus…

A peine arrivés, Aram Khatchatarian nous fait partager cette aventure à travers son récit, traduit par Lilith Haroutunian. Gagik Papikian, l’ingénieur travaux de SPFA, nous emmène ensuite pour une visite de terrain.

        Kagik Papikian, Aram Khatchatarian et Lilith Haroutunian de SPFA Gumri

En 1997, face aux mauvaises conditions d’accès à l’eau subies par les habitants de Gumri, SPFA décide de donner la priorité à l’amélioration de l’approvisionnement en eau potable. L’eau ne coule que 2 heures par jour dans chaque quartier, alors que l’eau captée dans les montagnes pourrait suffire à alimenter 4 villes comme Gumri ! Certains immeubles n’ont pas du tout accès à l’eau courante… Cette situation s’explique par les nombreuses fuites dues à la mauvaise qualité du réseau de canalisations reconstruit à la hâte après le séisme et par la surconsommation d’eau au niveau des habitations.
 
Sous la direction de Jacques Matossian, le projet « Eau et santé » débute en 1997 dans l’hôpital infectieux du quartier d’Ani avec l’appui de l’Agence de l’eau Seine-Normandie. SPFA restaure le réseau de canalisations, construit un réservoir de 30 000 litres d’eau qui alimente l’hôpital 24 heures sur 24, et installe un appareil d’ultrafiltration pour l’eau potable. Les riverains en bénéficient également grâce à une fontaine extérieure. Gagik Papikian assure la maintenance de ces appareils sophistiqués depuis leur installation.

La priorité étant l’alimentation des infrastructures publiques, SPFA installe entre 2000 et 2003 6 kilomètres de canalisations à travers la ville pour desservir écoles et hôpitaux.

        Le quartier d’Ani

Jacques Matossian décide ensuite de « s’attaquer » à la distribution d’eau courante pour les habitants. Pour ce projet ambitieux, il choisit le quartier d’Ani et ses 25 000 habitants avec le souhait d’en faire un modèle pour le reste de la ville.

En 2001, il parvient à s’adjoindre les compétences techniques des professionnels d’ Aquassistance, association spécialisée dans l’approvisionnement en eau. Puis il réussit à rassembler les fonds nécessaires auprès de la fondation Armenianos Liechtenstein, du gouvernement français, et de l’Agence de l’eau Seine-Normandie. Le travail peut commencer.

Sous la direction de Dominique Chenille, l’équipe d’Aquassistance mène une étude de terrain qui révèle de graves problèmes de déperdition dans le réseau, de l’ordre de 80%, en raison de fuites importantes liées au mauvais état des canalisations. De plus, un gaspillage important est avéré au niveau des habitations. Les installations sont en mauvais état, et surtout les habitants paient pour l’eau un prix forfaitaire par personne, ce qui entraîne de mauvaises habitudes de consommation : les chasses d’eau coulent en permanence, les robinets sont laissés ouverts toute la journée pour signaler l’arrivée d’eau dans le quartier et pour remplir la baignoire qui sert de réserve d’eau. Dans beaucoup d’immeubles les habitants des étages supérieurs se retrouvent sans eau à cause de la surconsommation des étages inférieurs. Au total, la consommation moyenne d’eau est de 1 000 à 1 500 litres par personne et par jour (contre 100 litres selon les standards internationaux)…

Munis de leurs « poêles à frire », les spécialistes d’Aquassistance commencent par rechercher et supprimer les fuites d’eau dans le réseau. Dès 2003, le réseau d’eau du quartier d’Ani est entièrement rénové.

Il faut ensuite convaincre les habitants du quartier d’installer des compteurs chez eux. Pour cela une campagne de sensibilisation est menée pour leur prouver qu’ils ne paieront pas plus cher en surveillant leur consommation d’eau par des moyens simples, et que les économies réalisées permettront à tous d’avoir de l’eau 24h/24. Ils parviennent à emporter leur adhésion et 10 000 compteurs d’eau individuels offerts par Aquassistance sont installés. La mairie fournit une liste de 1500 foyers « économiquement faibles » pour lesquels l’installation est également offerte.

        Dans les rues du quartier Ani

Grâce à ce travail, en 2005 la consommation moyenne des habitants du quartier d’Ani est divisée par plus de 10 et passe à 100 litres par habitant et par jour. 20 000 à 30 000 m3 d’eau sont ainsi économisés chaque jour pour le seul quartier d’Ani, qui peuvent être redistribués dans les autres quartiers de la ville en attendant la rénovation de leur réseau.

Enfin, l’approvisionnement en eau est assuré 24 heures sur 24 dans le quartier d’Ani, ce qui est unique à Gumri et extrêmement rare en Arménie. Pour les habitants, ce confort représente un luxe inestimable. La reconnaissance de la population s’exprime à travers le taux d’encaissement des factures : la compagnie des eaux ne comptabilise dans le quartier d’Ani qu’à peine 5% de factures impayées, et l’entretien du réseau d’Ani est autofinancé par le paiement de leur consommation par les habitants.

Fin 2005, il reste malgré tout un différentiel important entre l’eau qui arrive dans le quartier et les consommations enregistrées aux compteurs des habitations. A force de recherches, une fuite importante finit par être identifiée. Sa réparation permet une économie d’eau suffisante pour pouvoir étendre le projet aux quartiers voisins Mouch 1 et Mouch 2.
Bonne nouvelle : lorsque nous rencontrons Jacques Matossian à Stepanakert (Haut-Karabakh), il nous informe qu’il vient de recevoir une partie des 140 000€ nécessaires via l’Agence de l’eau Seine-Normandie, et que les travaux peuvent commencer. 


Entre-temps, pas de repos…
En 2006, SPFA permet l’approvisionnement en eau 24 heures sur 24 de l’hôpital Samariter à Gumri grâce à deux réservoirs de 5000 m3, et installe un appareil d’ultrafiltration pour la nouvelle unité d’hémodialyse (qu’elle contribue à financer également).

L’accès à l’eau ne saurait être réservé aux habitants des villes. Forts de nouveaux financements, et avec cette même volonté d’agir, Jacques Matossian et Dominique Chenille prennent cette fois la route des montagnes pour installer l’eau courante à Lernout en 2006 et Djadjour en 2007, deux villages près de Gumri.
A Lernout, ils doivent d’abord construire la voie qui permettra de réaliser les captages. Ils installent ensuite un réservoir neuf et rénovent la canalisation centrale. Après, à chaque habitant de prendre sa pelle pour creuser lui-même la tranchée dans laquelle sera posée le raccordement jusqu’à son habitation.

Les projets sur l’eau de SPFA ne s’arrêtent pas à la région de Gumri. En 2007 et 2008 l’association agit pour l’accès à l’eau dans les villages de Khatchen et Khanbad, dans le Haut-Karabakh, toujours en collaboration avec Aquassistance.
 

Jacques Matossian veut que tous les Arméniens aient accès à l’eau courante. Il sait que ce rêve prendra encore plusieurs années. Il cherche un ingénieur projet bénévole pour lui passer un jour le flambeau de cette mission.

Le centre de Gumri mène également des projets dans les domaines de la santé et de l’éducation. A suivre…

Contacts

SPFA (Solidarité Protestante France Arménie
E-mail : Paris@spfa-armenie.org
Site Internet : www.spfa-armenie.org
Téléphone : +33 1 47 35 30 23
Fax : +33 1 53 80 19 49

Aquassistance
E-mail : contact@aquassistancenet.org
Site Internet : www.aquassistancenet.org
Téléphone : +33 1 58 18 50 36
Fax : +33 1 58 18 46 87

Gabrielle et François

samedi 14 mars 2009

Children Rights Protection Charity Fund (CRPCF)

Lundi 9 mars, nous sommes reçus dans les bureaux de l’association CRPCF (Children Protection Charity Fund) par Karine Antonyan, la présidente, juriste, Edmon Simonian, docteur en médecine et vice-directeur d’un grand hôpital d’Erevan, et Lamara Kocharyan, avocate. L’association, fondée en 2001, compte en tout 8 membres, tous d’éminentes personnalités dans leur domaine : le droit, la médecine ou l’enseignement supérieur.

Karine Antonyan nous présente le CRPCF, la seule association en Arménie qui a pour objet la défense des droits des enfants. Les membres de l’association agissent en donnant de leur temps et en utilisant leur réseau d’influence pour défendre les droits des enfants.

Les membres du CRPCF demandent auprès des autorités l’application des lois existantes et le respect de la charte de l’ONU sur les droits de l’enfant que l’Arménie a ratifiée. A titre d’exemple, la loi qui prévoit la gratuité des soins pour tous les enfants jusqu’à 14 ans n’était appliquée dans les faits que pour les enfants de 0 à 3 ans. Suite à l’action du CRPCF, en 2002 les autorités ont étendu l’application de cette loi aux enfants de 4 à 7 ans.

Le CRPCF tente aussi de faire voter de nouvelles lois en faveur de l’enfance. Au moment de notre visite, il milite auprès du parlement pour instaurer un examen médical gratuit et obligatoire pour tous les enfants jusqu’à 14 ans.

Les actions de lobbying sont parfois plus ciblées. Lorsque Karine Antonyan a appris que l’hôpital pour enfants de Erevan devait être privatisé pour la modique somme de 25 000 dollars, elle a alerté jusqu’au président arménien pour stopper la vente. Cette vigilance a permis à cet hôpital de rester un service public.

Enfin, le CRPCF fournit une aide juridique gratuite aux familles démunies pour que les droits des enfants soient mieux pris en compte, notamment dans les nombreux cas de divorces. L’association a ainsi procuré bénévolement plus de 3 500 consultations juridiques depuis sa création. Même si l’objectif recherché est la conciliation, le CRPCF ne recule pas devant le recours à l’institution judiciaire pour défendre les intérêts des enfants.

   Karine Antonyan et Lamara Kocharyan encadrant Amar, notre traducteur

Nous partons pour le tribunal d’Octamberian, à une cinquantaine de kilomètres de Erevan,  où Lamara Kocharyan va plaider devant nous la cause d’une mère de 2 enfants. Lorsque son divorce a été prononcé, le père des enfants a fourni de faux documents pour obtenir de payer la pension minimale, soit 7 000 Drams (16 €) par mois pour les deux enfants. Le CRPCF demande la révision de la pension.

La plaidoirie commence. Alors qu’elle nous paraissait être une femme plutôt discrète, Lamara Kocharyan change d’expression et expose les faits avec détermination. Le juge, lui, semble écouter distraitement. De temps en temps il jette des petits coups d’œil de notre côté, se demandant sans doute ce que font ces deux Français dans son tribunal, puis reprend sa mine austère de circonstance.

Une demi-heure plus tard la séance est levée. Lamara Kocharyan a l’air optimiste sur le verdict, nous apprendrons plus tard qu’elle a obtenu que la pension soit révisée à 30 000 Drams par mois (68 €), plus de 4 fois le montant initial.

 

 

 

Nous sommes invités dans les coulisses du tribunal pour rencontrer le juge. Il s’avère plutôt sympathique, et nous fait part de ses impressions très positives sur le travail de l’association. Il a quitté son masque d’homme de loi et nous accorde l’honneur de le prendre en photo, en revêtant sa robe pour l’occasion.


 

 

En plus de la protection des droits des enfants, le CRPCF mène aussi de nombreuses autres actions pour l’amélioration de leur santé et de leur bien-être.

Sur le chemin du retour, nous sommes accueillis par la directrice de la crèche municipale de Metzamor. A l’époque soviétique, cette crèche était financée par la centrale nucléaire attenante à la ville, mais la municipalité n’a pas pris le relais lors du changement de régime. Le bâtiment est dans un état déplorable faute d’entretien, et le CRPCF finance certains travaux de rénovation les plus urgents.

  • Le CRPCF a également financé la rénovation de l’unité de réanimation de l’hôpital d’enfants de Erevan, et distribué des vitamines et des lunettes pour environ 150 enfants.
  • Il tente de remettre sur pied un système semblable au SAMU qui existait du temps de l’URSS mais a périclité. Actuellement seul Erevan et quelques grandes villes disposent d’un service d’ambulances.
  • Il arrive ponctuellement aux membres de l’association de financer pour des enfants de plus de 7 ans certaines opérations chirurgicales, dont ils négocient le prix avec les médecins de leur réseau.
  • L’association distribue des vêtements, des chaussures et de la nourriture à des familles défavorisées.

Comment aider le CRPCF ?

L’association est intéressée par toutes les bonnes volontés disposées à agir pour le bien-être des enfants. Financements, vêtements, matériel médical… les besoins sont énormes, mais Karine Antonyan insiste sur la nécessité de les consulter avant toute initiative. Il est arrivé au CRPCF de recevoir des colis de vêtements complètement inutilisables. L’association a dû payer pour les brûler, alors que l’argent donné pour les envoyer aurait permis d’acheter le nécessaire sur place…

Le CRPCF mène ses actions dans le domaine juridique grâce au travail bénévole de ses membres. Les dépenses de fonctionnement et les autres actions du CRPCF sont financées par ses membres et parfois par des dons non conditionnels. Cette association se pose en contrepouvoir et a pour priorité de conserver son indépendance.
Nous saluons la détermination et l’implication des membres du CRPCF dans la défense de l’intérêt des enfants. A force de travail et de pragmatisme, leur action porte ses fruits.

Contacts

E-mail : crpcf@operamail.com
Site Internet : www.crpcf.netfirms.com
Téléphone (en Arménien) : +374 10 573 356
Fax : +374 10 269 282

François

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