
Nouveau rendez-vous Esp'errance, à la Mairie de Paris.
Retrouvez nous à l'occasion de la nuit Paris Jeunes, le mercredi 30 juin, à partir de 19h
(entrée au 3, rue Lobeau, métro Hôtel de Ville)
Gabrielle et François
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mercredi 9 juin 2010
Par Gabrielle et François le mercredi 9 juin 2010, 22:32 - Les coulisses du projet

Nouveau rendez-vous Esp'errance, à la Mairie de Paris.
Retrouvez nous à l'occasion de la nuit Paris Jeunes, le mercredi 30 juin, à partir de 19h
(entrée au 3, rue Lobeau, métro Hôtel de Ville)
Gabrielle et François
dimanche 30 mai 2010
Par Gabrielle et François le dimanche 30 mai 2010, 12:19 - Les coulisses du projet
Nous organisons notre première exposition photos à Paris, du 14 au 28 juin.
Elle se tiendra à l'Antenne Jeunes Didot, 38/40 rue Didot,
dans le 14ème arrondissement (métro Pernety). L'Antenne Jeunes est ouverte du
lundi au vendredi, en journée.
Cliquez ici pour consulter les horaires d'ouverture
Nous serons heureux de vous accueillir à l'occasion du vernissage,
le 17 juin, à partir de 18 heures.
Venez nombreux !

Gabrielle et François
vendredi 29 janvier 2010
Par Gabrielle et François le vendredi 29 janvier 2010, 14:35 - Les coulisses du projet
Mercredi 27 janvier 2010 à 6h30, nous atterrissons sur le sol français après
16 heures de vol et 11 mois fabuleux de voyage à travers l’Asie. 11 mois
intenses de vie nomade, sans port d’attache, avec sa maison sur le dos et ses
proches dans son cœur. 11 mois de mouvement et de changement de décors à
travers des cultures et des contextes toujours différents… Ce voyage a été un
apprentissage permanent pour s’adapter, découvrir, s’ouvrir sans jugement, sans
vouloir ni pouvoir toujours tout comprendre… Laisser de côté ses attentes, ce
qu’on avait prévu, imaginé… Trouver en soi la force et la joie qui permettent
d’accueillir chaque jour avec son lot de hasards, de goûter chaque rencontre,
chaque échange, chaque sourire, de savourer chaque instant.
Nous vous remercions de nous avoir suivis, accompagnés, encouragés tout au long
de ce périple, de nous avoir donné l’occasion de partager notre
Esp’errance.
Nous souhaitons à chacun de vous le meilleur, et que nos chemins se croisent
bientôt.
Que l’aventure continue !
Gabrielle et François
mardi 26 janvier 2010
Par Gabrielle et François le mardi 26 janvier 2010, 10:06 - Newsletters


A partir de Phnom Penh, nous rejoignons le Mékong et remontons son cours vers le nord à la découverte du Laos…

Près de Vang Vieng, nous visitons la ferme biologique de Monsieur Thé.
Le Laos est une très
belle étape, et nous profitons jusqu’au bout de la douceur de vivre
qui règne partout dans le pays.
Changement radical
d’ambiance à notre arrivée à Hanoi. Nous découvrons un pays, le
Vietnam, très différent de ses voisins d’Asie du sud-est
Quelques jours
plus tard, nous embarquons à bord d’un navire qui navigue au milieu des
brumes de
la Baie d’Along pour nous emmener sur une petite île aussi ravissante
qu’isolée.

Pour profiter pleinement du Vietnam, nous faisons un peu de hors-piste, à l’écart des circuits touristiques. L’occasion de belles rencontres.
Aujourd’hui 26 janvier, le dernier jour de notre voyage. Dans quelques heures,
nous embarquerons à bord de l’avion qui nous ramènera vers la France.
Une nouvelle aventure commence pour nous…
A bientôt !
Gabrielle et François
Par François le mardi 26 janvier 2010, 09:28 - Voyage voyage
A Hanoi, nous découvrons l’offre impressionnante d’excursions clef en main
proposées dans tous les hôtels de la ville. Tout a l’air si facile !... Nous
nous laissons tenter par une journée de visite à la « Pagode des Parfums », un
nom poétique qui annonce une ballade bucolique au cœur de l’Asie éternelle…
Effectivement, l’endroit a tout pour être charmant. Malheureusement, l’heure
n’est pas à la contemplation, nous sommes arrivés avec tous les autres groupes,
en pleine heure de pointe, et avons du retard sur le planning. Vite, vite, nous
embarquons par groupe de quatre dans la noria des barques qui font
l’aller-retour sur la petite rivière qui mène à la pagode. Puis notre guide
nous presse d’aller déjeuner dans un gigantesque resto-hangar où, pour plus
d’efficacité, chacun se voit assigner sa place gentiment mais fermement. Avec
nos compagnons d’infortune, nous nous promettons de ne jamais renouveler ce
genre d’expérience.
A la Pagode des Parfums, ballade bucolique tous ensemble
Après un essai encourageant dans la Baie
d’Along, nous décidons de continuer à nous débrouiller seuls, sans recourir
aux multiples petites agences de voyage présentes dans tous les lieux
touristiques du pays. Au Vietnam, prendre le « bus local » ne va pas forcément
de soi. Il nous faut parfois un peu forcer notre présence dans le véhicule,
lorsqu’un rabatteur trop zélé insiste lourdement pour que nous prenions un «
tourist bus » censé être plus confortable, donc plus cher… Les passagers,
amusés et intrigués, sont nos plus sûrs alliés, nous renseignant à chaque fois
sur le prix du ticket, au cas où le contrôleur s’aviserait de se tromper de
tarif.
Maman et son enfant dans le train pour Haiphong
A Ninh Binh et Hué, nous louons une petite moto pour nous déplacer entre les
sites touristiques. Le fléchage est quasi-inexistant, nous nous arrêtons à
chaque croisement pour demander notre chemin aux habitants des lieux. Ceux-ci
s’empressent de nous renseigner, tout sourire. A côté de Hué, au bord de la
Rivière des Parfums (décidemment !), reposent les empereurs d’Annam dans leurs
tombeaux fastueux. Entre deux mausolées, nous nous arrêtons pour le déjeuner
dans une petite gargote à l’écart du circuit touristique. C’est apparemment la
cantine des ouvriers d’un atelier voisin, qui nous conseillent les calamars
farcis, pour notre plus grande délectation ! L’accueil est chaleureux, le
dessert est même offert par la patronne.
Le plein s’il vous
plait
Avoir son propre moyen de locomotion permet de sympathiques rencontres avec les
Vietnamiens. Près de Hoi An, nous renouvelons l’expérience en deux roues pour
aller visiter le site cham de My Son (les Chams sont le peuple qui vivait dans
la région avant l’arrivée des Vietnamiens). Le meilleur moment de la ballade
est sans doute l’étape déjeuner que nous faisons à mi-chemin dans le «
restaurant » d’un minuscule village. Dans une petite salle où sont disposées
trois ou quatre tables, nous dégustons un sublime Pho, la soupe aux
nouilles traditionnelle du Vietnam. Nous restons « bavarder » avec les mains
avec la gentille famille qui habite l’endroit. Une voisine est venue observer
ces drôles de « farangs » (le surnom des blancs) qui se sont arrêtés
ici. Elle montre ma barbe, fait la grimace… Le mari, lui, tient à me rassurer
en levant le pouce. Tout le monde rit de bon cœur.
Sur la route de My Son
Nous arrivons à Ho Chi Minh Ville (que tout le monde ici continue à appeler
Saigon) le 21 janvier. Nous voulons visiter les tunnels de Cu Chi, où
s’abritaient les Vietcongs pendant la guerre, et Tay Ninh, le « Saint
Siège » des mystérieux Cao Dai… L’excursion organisée par l’hôtel permet de
faire le tout dans la journée. Tant pis, nous mettrons deux jours et tenterons
le coup en bus local. Nous partons pour la station de bus sans trop savoir si
notre intransigeance va payer. A peine arrivés, nous attrapons le bus pour Cu
Chi qui démarre juste. A chaque étape, nous trouvons un ange gardien pour nous
indiquer la correspondance.
Comme souvent dans les bus locaux, la présence de deux Européens surprend et
fait l’objet de nombreuses discussions. Dans le bus pour Tay Ninh, un étudiant
anglophone nous traduit les questions des passagers. Une fois à destination, il
nous chaperonne pour trouver et négocier une chambre d’hôtel. Nous sympathisons
et, le soir, nous sortons boire un verre dans son bar préféré, au grand
étonnement des habitués qui se retournent tous à notre arrivée.
Le lendemain matin, nous partons visiter « Sainte-Mère Cao Dai », la cathédrale
des fidèles du caodaïsme, une religion créée dans les années 1920 et qui réunit
aujourd’hui près de 2 millions de membres au Vietnam. A cette heure nous sommes
les seuls touristes, un des gardiens du temple nous fait une petite visite
guidée des lieux. Il nous montre la fresque où sont réunis, entre autres,
Bouddha, Confucius, Lao-Tseu et… Jésus-Christ ! Le Cao Dai se propose en effet
de réunir l’Orient et l’Occident, en tentant la fusion des philosophies
orientales (bouddhisme, confucianisme et taoïsme) avec le christianisme,
l’islam, et bien plus encore... puisque Jeanne d’Arc, Pasteur, Descartes,
Shakespeare, Victor Hugo et même Lénine sont également vénérés dans ces
murs.
Au milieu, Victor
Hugo, vénéré (entre autres) par les Cao Dai
Après la messe Cao Dai, nous repartons pour Ho Chi Minh Ville. Le retour en bus
local est aussi « authentique » que l’aller. Certes, la méthode est parfois
inconfortable : le trajet Tay Ninh – Cu Chi ressemble par certains côtés au
métro parisien à l’heure de pointe, avec en prime une crevaison qui nous fait
patienter 15 minutes en pleine chaleur. Cependant, la récompense est de
découvrir le vrai Vietnam, où les étrangers sont toujours bienvenus et source
d’étonnement.
La visite du Vietnam peut vite devenir ennuyeuse et frustrante si l’on se
cantonne aux zones touristiques délimitées, où les relations restent très «
commerciales ». Il suffit parfois de faire 100 mètres pour découvrir un autre
visage du pays, des gens charmants, aidant et honnêtes, dont la qualité humaine
n’a rien à envier à celle des habitants des pays voisins.
François
vendredi 22 janvier 2010
Par Gabrielle le vendredi 22 janvier 2010, 09:30 - Voyage voyage
Notre bus traîne en route et nous risquons de louper un rendez-vous
incertain : le départ d’un ferry à 13 heures pour l’île de Quan Lan, qui serait
d’après guides et voyageurs le dernier repère des routards dans la baie
d’Along… L’aventure commence dès la descente du bus pour trouver le minuscule
embarcadère planqué derrière un labyrinthe de ruelles, d’autant que personne ne
parle anglais par ici. Une banquière nous vient en aide en écrivant quelques
mots en vietnamien sur un morceau de papier. Grâce à ce précieux sésame, nous
parvenons enfin à nous faire comprendre d’un taxi. 12h50… Au guichet, on nous
confirme un départ à 13h30, horaire d’hiver. Nous apercevons au bout du quai
notre « ferry »: un petit bateau de bois à l’allure sympathique, tout en
rondeurs et dans les tons brun rouille.
Ferry pour l’île de Quan Lan
Quelques passagers grimpent avec leur chargement : ballots, caisses, vélos ou
mobylettes, puis entrent dans la cabine où chacun s’installe sur les banquettes
de bois. Tous semblent se connaître. Le capitaine prend son poste à l’avant, le
moteur se met en marche et les conversations s’animent. Un membre de l’équipage
nous offre un petit verre de thé bien chaud. Nous sommes les bienvenus à bord
pour cette traversée qu’ils ont déjà du effectuer tant de fois. Nous traversons
la rade où de nombreux petits villages flottants apparaissent au détour des
premiers rochers que nous croisons. La vie suit son cours au rythme du tangage
: le linge sèche, les plantes verdissent les pontons, des chiens montent la
garde à la poupe des navires, on entend des enfants rire et pleurer.
Ambiance conviviale à bord
Après s’être acquitté des manœuvres les plus délicates pour sortir du port, le
capitaine autorise les étrangers que nous sommes à grimper sur le toit pour
admirer la vue. Nous relevons le col de nos imperméables jusqu’aux oreilles et
nous installons, ravis, sur un des deux bancs qui semblaient nous attendre
là-haut. Nous respirons à pleins poumons l’air chargé d’embruns et laissons nos
regards se perdre dans l’incroyable paysage de la célèbre baie d’Along. Tout
autour de nous, les montagnes en pain de sucre émergent au-dessus des eaux
derrière de longs voiles de brume. Comme par pudeur, elles semblent attendre
que l’on s’approche pour révéler les aspérités de leur roche. Seuls au milieu
d’un environnement merveilleux et plein de mystères, nous savourons avec
bonheur ces instants de magie. Le froid nous aide cependant à redescendre des
nuages et à rejoindre les autres passagers dans l’ambiance chaleureuse de la
cabine.
La baie d’Along
Nous accostons l’île de Quan Lan à la nuit tombée et devons attendre le
lendemain pour découvrir les beautés de ce paisible bout du monde. Le long de
l’unique rue principale, les habitants nous saluent avec gentillesse. Près des
côtes, de nombreux oiseaux ont élu domicile dans de vastes étendues de mangrove
suspendues entre terre et mer. Au sud de l’île, nous marchons le long
d’immenses plages de sable fin. Au loin, on aperçoit des silhouettes sous de
larges chapeaux coniques ; elles se penchent parfois brusquement pour capturer
des coquillages avant qu’ils ne s’enterrent à nouveau.
Sur l’île de Quan Lan
Nous finissons notre ballade près de la jetée face au soleil couchant. Demain,
nous reviendrons à l’aube retrouver l’équipage du ferry pour rejoindre le
continent après trois journées passées entre rêve et réalité.
Gabrielle
mercredi 20 janvier 2010
Par François le mercredi 20 janvier 2010, 12:26 - Voyage voyage
Nous arrivons à Hanoi le soir du 28 décembre. Le bus nous dépose dans une petite rue du centre, nous hissons nos sacs à dos sur nos épaules et partons en quête d’une chambre pour la nuit. Surprise ! Après 10 mois de voyage, nous sommes confrontés à un étonnant dépaysement… Serions nous rentrés en France ???
Des rues bordées d’arbres se croisent en de petites places triangulaires où des bancs accueillent les grands-pères fatigués. Nous marchons entre de vieilles bâtisses dont le rez-de-chaussée a été colonisé par les boutiques de vêtements, quand ce n’est pas par des cafés avec terrasse et fauteuils en simili rotin. Même le ciel, gris, se met de la partie pour entretenir l’illusion. Devant la cathédrale St Joseph, on pourrait se croire dans n’importe quelle petite ville française, si ce n’était le drapeau du Vatican qui trône fièrement au milieu de la place de l’église… Le Vietnam compte en effet près de 10% de catholiques, dont des décennies de communisme n’ont pas réussi à briser la ferveur et l’attachement à Rome.
La Cathédrale St
Joseph
Le surlendemain, nous partons explorer la ville et chercher l’exotisme au Temple de la Littérature. Cette ancienne école fondée en 1070 formait les mandarins, hauts fonctionnaires servant la bureaucratie de l’empire (l’équivalent de nos énarques). Dédié à Confucius, son style « chinois » tranche avec les pagodes thaïs ou khmers. En franchissant la frontière entre le Laos et le Vietnam, au cœur de l’ancienne Indochine, nous avons quitté l’Asie indianisée pour entrer en Extrême Orient.
De fait, le nord du Vietnam est une ancienne colonie chinoise, qui déclara son indépendance au XVème siècle, mais resta dans l’orbite du grand voisin jusqu’à l’arrivée des Français au XIXème. D’ailleurs, si le pays est bouddhiste comme d’autres pays d’Asie du sud-est, les Vietnamiens sont adeptes du « Grand Véhicule », la doctrine népalo-tibétaine qui a voyagé par la Chine, contrairement aux Thaïs, Laotiens et Khmers, majoritairement adeptes du bouddhisme cinghalais (de Sri Lanka) dit du « Petit Véhicule ».
Le temple de la Littérature
A quelques rues de notre hôtel se trouve le « lac de l’épée restituée ». La légende raconte qu’au XVème siècle, après la victoire contre les Chinois, la tortue sacrée du lac vint reprendre au héros l’épée magique qu’elle lui avait confiée pour défendre le pays contre les envahisseurs…
Tout autour du lac, des ouvriers s’affairent à installer des milliers de fleurs. Est-ce ainsi que Hanoi se prépare à fêter la nouvelle année ? Pas exactement. En fait, 2010 sera le millénaire de Thang Long (« ville du dragon prenant son essor »), l’ancien nom de la capitale vietnamienne. Autour des compositions florales, des milliers de Vietnamiens se bousculent pour photographier les jolis parterres avec leur téléphone portable. C’est l’effervescence ! Le soir du 31 décembre, la foule est particulièrement compacte. Nous attendons minuit sur les rives du lac… Rien… à part quelques Anglais qui tentent désespérément de lancer une Ola qui tombe à l’eau. Ce sont les fleurs qui ont attiré les Vietnamiens, pas la nouvelle année, qui ici n’aura lieu que dans un mois, lors des fêtes du Têt, le nouvel an « chinois ».
Hanoi n’a pas une excellente réputation chez les voyageurs, qui la trouvent peu accueillante. Pourtant, bizarrement, nous nous y sentons plutôt à l’aise. Il faut dire que le côté bougon (mais finalement bonne pâte) des habitants de Hanoi, l’anonymat permis par une certaine indifférence aux touristes, les petites arnaques sans conséquence, les amoureux sur les bancs publics… tout cela nous rappelle sans doute un peu nos compatriotes.
Sous le crachin, nous découvrons le vieux Hanoi et ses rues pleines d’animation et… de motos, le moyen de transport quasi-universel ici. Traverser la rue réclame un certain détachement, il s’agit d’avancer lentement d’un pas régulier, laissant aux engins à deux-roues le soin d’éviter sa personne. Nous décompressons sur les trottoirs, où sont installés les mini-restos de rue. Assis sur une mini chaise, le bol posé sur une mini-table, nous avons l’impression de jouer à la dînette. L’impression d’être Gulliver chez les Lilliputiens est accrue lorsque le thé nous est servi avec une mini-théière qu’accompagnent des tasses aussi grandes que des dés à coudre.
A table !
François
lundi 18 janvier 2010
Par Gabrielle le lundi 18 janvier 2010, 10:51 - Voyage voyage
Avec seulement 5,6 millions d’habitants, le Laos est un pays où la nature a la part belle. Ses charmes multiples se déploient du Sud au Nord, des rives du Mékong aux sommets des montagnes en passant par de denses forêts peuplées d’arbres millénaires. Cette beauté environnante est-elle la source où les Laotiens puisent la sérénité dont ils semblent ne jamais se départir ?
Mister Phao et François
Dès notre arrivée à Don Det, une des « 4000 îles » qui parsèment le Mékong près
de la frontière cambodgienne, nous apprenons à nous mettre au rythme du pays.
Ici, rien ne se fait dans la précipitation et encore moins la préparation des
repas. Les sujets d’inquiétude sont également restreints : sur les petits
chemin de l’île, tout le monde se promène en vélo et personne ne prend la peine
de les attacher d’autant qu’ils sont loués sans anti-vol.
De retour sur le continent, nous traversons à moto le plateau des Bolovens où
est produit le « café lao ». En nous promenant dans les vastes plantations,
nous voyons les grains verts mûrir aux branches des caféiers. Nous adoptons
d’emblée le savoureux breuvage onctueux et sans amertume.
« Café lao » sur la branche
Après quelques jours en pleine nature, nous rejoignons la ville de Savannakhet
pour y faire étape. Le soir, de petits restaurants s’improvisent sur la rive
est du Mékong, face à la Thaïlande. Familles et amis se réunissent autour des
petites tables où sont servis de délicieux barbecues. Nous essayons la formule
: dans le plat commun, on fait griller viande ou fruits de mer sur un petit
dôme central, tandis que tout autour mijote du bouillon qu’on agrémente de
nouilles, légumes et herbes aromatiques selon son goût. Le tout accompagné
d’une « Beerlao » (la bière locale) bien fraîche, un régal !
Barbecue à la mode du Laos
Nous voilà d’attaque pour deux jours de marche dans les environs de Tha Khaek,
un peu plus au Nord. La région mise sur l’écotourisme et organise des circuits
dans les superbes forêts alentours. Les guides sont issus des villages que nous
traversons et nous font découvrir en chemin cet environnement qu’ils
connaissent si bien : les essences d’arbres et les plantes qui guérissent ou
rehaussent la saveur des plats, les insectes et leurs habitats… L’un d’entre
eux attrape à main nues un cocon de feuilles agglutinées d’où sortent des
fourmis rouges et en croque quelques unes au passage sous nos yeux effarés. Le
soir venu, nous arrivons dans un village pour y passer la nuit. A l’issu du
dîner, nous sommes invités à participer à la cérémonie du Baasii, présidée par
les anciens. Nous formons un cercle au centre duquel les femmes ont placé le
pha khwan, une composition conique à base de feuilles et de fleurs où sont
accrochés de petits fils de coton. A tour de rôle, chacun étend sa main. Nos
hôtes y déposent de petits cadeaux : gâteaux, fruits, lao-lao pour les hommes
(l’eau de vie locale)… L’intéressé est alors le centre d’attention de tous les
participants qui posent une main sur lui ou sur le pha khwan central tandis que
le maître de cérémonie noue le cordon autour de son poignet en formulant de
nombreuses bénédictions. Dans la tradition, cela permet de rattacher à leur
propriétaire les 32 esprits gardiens de son corps et de son esprit... La soirée
se poursuit autour d’un feu de camp, au rythme des chants et des conversations.
Dans le ciel dégagé, les étoiles filantes emportent les vœux secrets de ceux
qui les surprennent.
Trek dans la région de Tha Kaek
A Vientiane, nous nous mêlons facilement au quotidien des habitants de la
capitale, étant partout les bienvenus : dans les petits restaurant de la rue,
dans les « cantines » où les habitués s’engouffrent le midi, aux abord d’un
petit terrain de pétanque improvisé… En cette circonstance, tous les Laotiens
sont sérieux, il s’agit du sport national du pays !
Partie de pétanque entre deux allées du marché
Nous poursuivons notre route jusqu’au fin fond des montagnes dans le village de
Muang Neua que l’on rejoint par bateau. Là encore, les adultes comme les
enfants gardent un contact naturel et sympathique avec l’étranger qui nulle
part n’est étrangement considéré. Sa présence passagère apporte un peu
d’exotisme dans le quotidien mais n’en perturbe pas le cours. Les rapports
peuvent alors s’établir librement, simplement et dans un respect mutuel. Cet
équilibre est souvent rompu dans les endroits qui se sont ouverts au tourisme.
Mais au Laos (exception faite de Vang Vieng), les hôtes gardent leur sourire et
leur intégrité face à des touristes qui savent encore qu’ils sont les
invités.
Gabrielle
mardi 12 janvier 2010
Par Gabrielle le mardi 12 janvier 2010, 09:24 - Les porteurs d'espoir
Depuis Vientiane, nous reprenons la route vers Luang Prabang au nord du
Laos. A mi-chemin, nous faisons étape à Phoudindaeng à 3 kilomètres au nord de
Vang Vieng pour visiter la ferme biologique fondée en 1996 par
Solangkoun Thanongsi, alias Monsieur Thé.
Après avoir travaillé pendant 20 ans au Département des Eaux et Forêts,
Solangkoun Thanongsi a acquis une vaste expérience de la gestion de
l’environnement. Il s’émerveille des richesses naturelles dont bénéficie son
pays : sa terre fertile, ses forêts millénaires, ses rivières gorgées de
poissons… Depuis des générations, les habitants jouissent d’une grande qualité
de vie grâce aux ressources abondantes à portée de leurs mains. Cependant, il
s’alarme des orientations politiques prises au fil des ans qui menacent
ce précieux capital : pour favoriser les investissements étrangers, le
gouvernement favorise l’acquisition par de grands groupes de vastes terrains.
Des hectares de forêts sont sacrifiés. Les paysans qui cèdent à l’appât d’un
gain immédiat revendent à prix fort leurs terres familiales. A la place des
arbres centenaires et de nombreuses cultures diversifiées, se mettent en place
d’immenses exploitations de monoculture intensive, notamment l’hévéa (l’arbre à
caoutchouc) très prisé par les Chinois. Ces exploitations utilisent nombre de
pesticides et d’engrais qui polluent les rivières et les terres alentours,
d’autant que les paysans devenus salariés emportent chez eux les surplus pour
les utiliser dans leurs jardins… Certains sont contraints de partir gonfler la
population des villes pour trouver du travail, pour eux c’en est fini de la
douceur de vivre…
Solangkoun Thanongsi, alias Monsieur Thé
Pour agir face à ces évolutions désastreuses, Solangkoun Thanongsi quitte son
poste et se met au service d’ONGs de défense de l’environnement comme WWF. En
1996, il retourne dans son village natal à Phoudindaeng où il crée sa propre
ferme pour poursuivre le combat à la source. Il veut montrer par l’exemple les
bienfaits et l’efficacité d’une agriculture diversifiée qui allie le bon sens
des méthodes traditionnelles et la maîtrise des techniques modernes dans le
respect de l’environnement. En agissant sur son propre terrain, il a toute
liberté pour tenter des expériences et développer des savoirs utiles à
tous.
Les premiers pas sont difficiles, les villageois ne comprennent pas la démarche
de cet homme éduqué et sa volonté de revenir travailler la terre. Ils se
méfient de lui. On lui octroie un terrain peu convoité au sol lourd et
argileux. La famille de Monsieur Thé n’est guère favorable non plus à cette
reconversion. Elle finit par le rejoindre trois ans plus tard une fois que la
maison est achevée et que l’exploitation est lancée sur de bons rails.
Outre la production de fruits et de légumes bio, le premier projet de
développement de Solangkoun Thanongsi est la production de soie
artisanale. Autrefois réputée, la soie artisanale de Vang Vieng se raréfie
faute de demande des tisserands qui lui préfèrent la soie industrielle plus
lisse et régulière. Traditionnellement, le fil de soie est obtenu à partir de
cocons de vers à soie qu’on nourrit avec des feuilles de mûriers. Solangkoun
Thanongsi en plante 12 000 pieds sur près de 2 hectares. Prendre soin des
arbres, les tailler, élever et nourrir les vers à soie, traiter les cocons,
filer la soie… il faut compter cent jours de travail pour obtenir un kilogramme
de soie ! Cette production permet d’embaucher 8 personnes, notamment des
Hmongs, afin de favoriser l’intégration de cette ethnie minoritaire mal perçue
au Laos. Cependant, avec un prix de vente n’excédant pas 10€ par kilogramme de
soie, il faut trouver de nouvelles idées pour faire vivre la ferme et conserver
la production de la soie.
En faisant sécher les feuilles de mûrier, on obtient un thé apprécié à la fois
pour son goût et ses propriétés curatives. Or, il se vend sur le marché
au même prix que la soie pour un coût de revient nettement inférieur. La ferme
se lance dans la production et Solangkoun Thanongsi devient connu sous le nom
de Monsieur Thé. Pour continuer à diversifier les activités de la ferme, il
développe également des cultures d’herbes médicinales et de semences
recherchées comme la graine d’asperge.
Mûriers
En 2001, Monsieur Thé se lance dans une nouvelle aventure, il devient le
premier de sa région à fabriquer du fromage de chèvre et même à savoir traire
des chèvres ! Il n’est pas dans les habitudes des Laotiens de traire les
animaux, ils n’utilisent que du lait importé, en poudre ou concentré.
L’histoire commence avec la complicité d’un jeune volontaire belge agriculteur
de métier. Constatant qu’il reste des feuilles de mûriers non utilisées, il
éveille l’intérêt de Monsieur Thé en lui parlant d’une expérience réalisée en
Bolivie : en nourrissant des vaches avec des feuilles de mûrier pour 30% de
leur alimentation, on obtient du lait de meilleure qualité sans avoir
besoin d’ajouter d’autres produits chimiques. Pour que Monsieur Thé puisse
tenter l’expérience, le jeune homme décide de lui offrir son troupeau de
chèvres qu’il envoie par avion ! Pour les accueillir dans les meilleures
conditions possibles, Monsieur Thé construit une bergerie sur pilotis afin que
les nouvelles venues (d’origine pyrénéenne) n’aient pas trop chaud et qu’elles
vivent proprement. Les excréments sont directement récupérés à l’étage
inférieur pour enrichir le compost que Monsieur Thé obtient en 3 à 6 mois à
partir d’un mélange de paille, de feuilles, d’écorce de riz et de solution
biologique. Il s’y développe de nombreux vers de terre qui constituent
eux-mêmes une nourriture excellente pour les poules et leurs poussins.
La bergerie sur pilotis
Dès l’origine, de nombreux volontaires viennent participer aux travaux de la
ferme à la fois pour aider et apprendre. Dans cette perspective d’échange,
Monsieur Thé offre gîte et couvert aux bénévoles. Mais la présence des
étrangers à la ferme renforce la suspicion des autorités locales quant aux
activités qui se déroulent dans cette drôle de communauté. La création d’une
maison d’hôtes permet d’officialiser l’accueil des visiteurs, avec une
conséquence positive : désormais la ferme est ouverte à tous ceux qui,
volontaires ou non, souhaitent découvrir et soutenir l’initiative de Monsieur
Thé. Par la suite, un restaurant ouvre avec à la carte de délicieux milk-shakes
à la mûre et des plats à base de produits biologiques issus de la ferme.
Monsieur Thé conseille une jeune volontaire suisse
Monsieur Thé inscrit son projet dans la perspective plus large d’un
développement économique et social profitable à tous. Il organise de
nombreux ateliers de formation pour apprendre aux paysans des environs
les méthodes d’agriculture biologique qu’il applique sur son domaine.
Simples, peu coûteuses et douces pour la nature, elles offrent aux agriculteurs
des alternatives pour sortir d’une dépendance accrue vis-à-vis des vendeurs de
substances chimiques et améliorer les rendements de leur terre tout en la
préservant. Par ailleurs, Monsieur Thé s’attache à favoriser l’éducation des
plus jeunes. Il commence par réunir des fonds pour offrir une scolarité à des
jeunes orphelins ou issus de familles en difficulté. Certains suivent des
formations professionnelles et les plus motivés parviennent jusqu’à
l’université. En 2007, avec le soutien de l’ONG AVAN (Asian Volunteer Action
Network), l’achat d’un bus permet d’organiser le ramassage scolaire des enfants
de Phoudindaeng afin qu’ils puissent se rendre en toute sécurité dans les
écoles situées dans les villages voisins. La prochaine étape est d’ouvrir une
école maternelle à Phoudindaeng même. La ferme a déjà participé à la
construction du bâtiment qui lui est destiné.
Sous nos yeux, les rangées de mûriers, les potagers parsemés de pousses vertes,
les caramboles, les fleurs d’hibiscus, le bois de rose, l’élevage des chèvres…
témoignent de 14 ans d’un travail sans relâche pour créer un univers harmonieux
qui donne envie à d’autres de suivre le chemin ouvert.
Cependant, il y a un an, une ombre vient se glisser au tableau. Depuis quelques
temps, Vang Vieng est connue d’une jeune clientèle occidentale en mal de
divertissement pour son activité de « tubing ». Les participants se laissent
glisser au fil de la rivière Nam Song sur une grande bouée, s’arrêtant à
intervalles réguliers dans les nombreux bars sur pilotis qui jonchent le
parcours et proposent alcool, drogues et décibels. L’année dernière, le
parcours a été étendu et de nouveaux bars ont été construits à 200 mètres de la
ferme. Tous les jours, de 13 heures à 18 heures, les enceintes des différents
établissements se mettent à cracher une pollution sonore effroyable que
subissent tous les habitants de cette magnifique vallée. Deux visions du monde
s’affrontent dans le même village. Déjà affectés par les pesticides, les
vers à soie n’ont pas résisté au vacarme et en sont morts, entraînant l’arrêt
de la production de soie.
Au bord de la rivière Nam Song
Bien que le moral des troupes soit affecté, le combat se poursuit et toute
l’équipe se mobilise pour faire vivre la ferme et ses projets, avec l’aide des
volontaires. Lors de notre visite, nous rencontrons un groupe de jeunes occupés
à construire une maison en briques de terre. Monsieur Thé s’est formé à cette
technique afin de proposer une alternative à la construction traditionnelle en
bois dont la ressource se tarit au nord du Laos. La méthode a les avantages
d’être naturelle, simple à mettre en œuvre et peu onéreuse car le matériau de
base, l’argile, abonde dans les sols. Lorsqu’ il construit chez lui la première
maison de terre du village, d’autres habitants convaincus viennent se former,
la technique se répand. Les volontaires rivalisent de créativité et
d’ingéniosité pour réaliser les nouveaux logements en brique de terre au sein
de la ferme. Dans le calme du matin, l’ambiance est joyeuse et pleine
d’entrain.
Maisons en briques de terre, place à la créativité
La ferme est soutenue par nombre de bonnes volontés de Phoudindaeng comme de
l’étranger qui aiment ce petit bout de terre et l’exemple qui y est donné. Au
pied de superbes montagnes, au bord de la rivière, monsieur Thé développe des
techniques simples, économiques et respectueuses de l’environnement pour les
transmettre autour de lui. Il cultive patiemment l’harmonie et la sérénité, le
savoir et la santé, pour un bien-être accessible à tous.
Comment les aider ?
Monsieur Thé accueille toujours les volontaires avec plaisir quelques jours,
quelques semaines ou quelques mois selon les projets de chacun.
Venir à Phoudindaeng séjourner dans la maison d’hôtes, goûter les spécialités
du restaurant, acheter les produits de la ferme sont également un précieux
soutien qui allie l’utile à l’agréable.
Les dons financiers sont également les bienvenus pour poursuivre les projets de
développement à Phoudindaeng et dans les villages environnants.
Contacts
Thanongsi Solangkoun
Vangviang Organic Farm
PO Box 253, Vang Vieng, Laos
Téléphone : + 856 23 511 220
E-mail : suanmone@hotmail.com
Site Internet : http://www.laofarm.org/
Gabrielle
jeudi 7 janvier 2010
Par François le jeudi 7 janvier 2010, 04:57 - Voyage voyage
A partir de Phnom Penh, notre route coïncide avec le large tracé du Mékong,
le grand fleuve de l’Asie du sud-est. Nous faisons halte à Kratie. En face de
la ville, au milieu du Mékong, se trouve l’île bucolique de Koh Trong où
chacun s’active pour la moisson. Nous dépassons à vélo les chars à bœuf qui
transportent les bottes de paille de riz vers leur lieu de stockage, ici le
temps semble s’être figé. A quelques kilomètres en amont, une vingtaine de
dauphins d’eau douce font le bonheur des touristes et des enfants
cambodgiens.
Coucher de soleil sur Koh Trong
Nous continuons plus au nord et traversons la frontière du Laos. Nous faisons
étape à Si Phan Don, littéralement « les 4000 îles ». A cet endroit,
le cours du Mékong atteint 14 kilomètres de largeur, et des milliers de petites
îles émergent pour en faire un labyrinthe de verdure, entrecoupé par endroits
de puissants rapides. Nous séjournons sur l’île de Don Det où nous découvrons
le caractère extrêmement paisible et serein des Laotiens.
Si Phan Don, les « 4000 îles » du Mékong
Nous continuons la remontée du Mékong jusqu’à Champassak, ancienne cité de
l’empire d’Angkor. La ville est
située de l’autre côté du fleuve, nous montons à bord d’un des nombreux bacs
rafistolés qui effectuent la traversée en quelques minutes. Le fleuve est lisse
comme un miroir, l’embarcation de fortune glisse sans jamais tanguer (il vaut
mieux !).
Traversée du Mékong à Champassak
Un peu plus en amont du Mékong se trouve Pacse, la grande ville du sud du Laos.
De là, nous louons deux petites motos et nous nous écartons un peu du fleuve
pour explorer le plateau des Bolovens. La région est connue pour ses cascades
majestueuses et ses plantations de café. Nous roulons au milieu d’une
magnifique forêt primaire, sur des pistes souvent désertes où apparaissent
parfois de minuscules villages.
Le plateau des Bolovens
Après Pacse, le Mékong devient frontière avec la Thaïlande. Nous continuons
notre route vers le nord. Le 14 décembre nous arrivons à Vientiane, la capitale
du Laos, au beau milieu des 25ème jeux d’Asie du sud-est qui s’y tiennent cette
année. Le soir de notre arrivée, l’équipe de football nationale affronte la
Malaisie. Les Laotiens d’ordinaire si paisibles se sont mués en supporters
passionnés pour l’occasion. Les rues crient à l’unisson chaque fois qu’un
attaquant laotien effleure la surface de réparation adverse. Finalement, la
Malaisie l’emporte (3-1), mais les Laotiens ne perdent pas le sourire pour
autant. La fête dure en tout 9 jours, pendant lesquels Vientiane est le centre
de l’ASEAN, la « CEE » d’Asie du sud-est.
Nous retrouvons une dernière fois le Mékong à Luang Prabang, l’ancienne cité
royale du Laos. Après quelques jours d’excursion dans les montagnes, nous
revenons fêter Noël en ville. Le soir du 24 décembre, à bord du bateau qui nous
ramène à la civilisation, le Mékong, en prélude à la fête, nous offre un
somptueux coucher de soleil sur les montagnes environnantes…
Coucher de soleil à Luang Prabang
François
dimanche 3 janvier 2010
Par Gabrielle et François le dimanche 3 janvier 2010, 10:26 - Newsletters

Après la Thaïlande, direction le Cambodge, le premier pays de notre
périple dans l’ancienne Indochine.

Nous entamons la découverte du pays des Khmers en arpentant les immenses allées d’Angkor, l’ancienne cité impériale qui régnait sur toute l’Asie du sud est.

A Battambang, nous rencontrons l’équipe de Phare Ponleu Selpak, une organisation qui œuvre pour faire revivre les arts et la culture au Cambodge.
Nous découvrons Phnom Penh, et visitons le musée de Tuol
Sleng. La description du
cauchemar khmer rouge pose de nombreuses questions.
A quelques kilomètres au sud de Phnom Penh, nous visitons
l’Ecole du Bois ESK, créée pour former de jeunes Cambodgiens à la
menuiserie et les sensibiliser à la gestion de la ressource forestière.
Nous découvrons le travail mené par Chamroeun,
une banque pas comme les autres, dont la mission est d’offrir des services de
micro-finance accessibles aux plus défavorisés dans les grandes villes du
Cambodge.
Après Phnom Penh, nous entamons la remontée du grand fleuve Mékong vers le nord
et le Laos…
Nous voici en 2010 ! Nous vous adressons à tous nos vœux les meilleurs pour une très belle année pleine de découvertes, de petits et de grands bonheurs !
Gabrielle et François
vendredi 1 janvier 2010
Par Gabrielle le vendredi 1 janvier 2010, 12:58 - Les porteurs d'espoir
Nous profitons de notre séjour à Pnohm Penh, la capitale du Cambodge, pour
nous rendre dans une banque pas comme les autres : Chamroeun, une
institution de micro-finance (IMF).
Logo de Chamroeun
La micro-finance se développe dans les années 70 pour combler le fossé qui sépare les banques classiques des populations pauvres, notamment dans les pays en développement. A leurs yeux, les millions de personnes qui vivent avec une poignée de dollars par jour ne seront jamais des clients fiables, ni rentables. De plus, ces grandes institutions n’ont ni la structure ni les services adaptés à des populations peu éduquées, vivant dans les campagnes reculées ou dans les quartiers oubliés des grandes villes. D’ailleurs, parmi ceux qui connaissent l’existence des banques, beaucoup s’en méfient. Ils appartiennent à des mondes différents.
Pourtant, la plupart de ces personnes ont besoin des services bancaires. Le travail salarié reste minoritaire et les pauvres doivent créer leur propre activité pour subvenir à leurs besoins. Ils représentent une multitude de petits entrepreneurs et entrepreneuses ; certains cultivent des légumes sur un carré de terre, d’autres réparent des mobylettes aux abords des marchés ou font de la vente ambulante de fruits, de vêtements… Dans toute entreprise, l’accès au prêt permet de compenser le décalage temporel entre les dépenses d’investissement et les revenus engendrés par la suite. L’impossibilité d’emprunter accentue la situation précaire de ces micro-entreprises. Pour acheter un peu de matériel, des graines à semer, des légumes à revendre, les exclus du système bancaire sont souvent contraints de se tourner vers des usuriers qui prêtent à des taux exorbitants de 15 à 20% par mois. Au moindre imprévu (mauvaise récolte, invendus, maladie…), le remboursement devient impossible et la spirale de l’endettement s’enclenche, aggravant la situation des familles prises au piège.
Les IMF ont pour mission de faciliter l’accès des plus pauvres aux services financiers afin qu’ils puissent pérenniser une petite activité et mieux faire face aux aléas de la vie. Les excellents taux de remboursement obtenus par certaines IMF prouvent la solvabilité des clients pauvres à condition de savoir adapter son organisation et son offre à leur situation.
Quartier défavorisé de Pnohm Penh
Frank Renaudin crée l’ONG « Entrepreneurs du Monde » en 1998 pour accompagner la création et le développement de programmes de micro-finance à travers le monde. Il s’attache à toujours donner la priorité à ceux qui se trouvent au plus bas de l’échelle. Après étude, Entrepreneurs du Monde s’aperçoit qu’au Cambodge aucune structure ne s’adresse encore aux plus pauvres en milieu urbain, considérés comme une population particulièrement risquée. Ces personnes sont la plupart du temps des déracinés qui ont afflué des campagnes vers Pnohm Penh et les grandes villes dans l’espoir de trouver du travail. Ils s’installent comme ils peuvent, dans des habitats souvent très précaires. Ils n’ont donc aucune garantie à offrir face à un organisme de prêt, d’autant qu’ils peuvent disparaître sans laisser de trace s’ils décident de rentrer dans leur village.
Chamroeun (« Progrès », en khmer) est fondée en mars 2006 pour aider les démunis des grandes villes du Cambodge à avoir accès aux services financiers. Nous rencontrons Grégoire Héaulme d'Entrepreneurs du Monde qui a supervisé le lancement de la jeune IMF. Il nous présente la structure et les services qui ont été conçus pour permettre à Chamroeun de réussir sa mission sociale tout en étant financièrement performante.
Chamroeun mise sur la qualité des relations qu’elle met en place avec ses bénéficiaires. Pour être proche de ceux qu’elle veut aider, elle privilégie l’ouverture de plusieurs petites agences à taille humaine, dont 7 à Phnom Penh et ses environs. Elles se situent notamment aux abords des marchés où gravitent nombre de petits travailleurs et revendeurs de rue en situation précaire. Toute la journée, les agents de terrain circulent dans le marché, expliquent les principes de la micro-finance aux intéressés, rendent visite aux familles des bénéficiaires. Peu à peu, l’agence s’intègre dans le tissu social de la communauté où elle s’est établie.
Marché proche d’une agence à Phnom Penh
Les prêts sont octroyés de façon progressive, et n’excèdent jamais 100$ (70€) pour une première demande. Cela permet à l’IMF d’apprendre à connaître son nouveau client et à celui-ci de ne pas prendre un risque d’endettement trop grand. Un nouveau prêt plus important est accordé lorsque le premier est remboursé, les montants peuvent aller jusqu’à 300$ (200€).
Pour obtenir un premier prêt auprès de Chamroeun, l’intéressé remplit un dossier de demande de prêt. Les premières données concernent la famille afin d’évaluer les revenus et les dépenses du foyer et de mesurer la capacité maximum de remboursement fixée à 33% du revenu net. Ensuite, le demandeur décrit l’objet de l’activité existante ou en création et évalue l’impact attendu du prêt sur l’évolution de son activité dans les mois à venir. Les agents de terrain mènent alors deux enquêtes d’investigation, dans la famille et sur le lieu de travail, pour vérifier la cohérence et la véracité des informations. Cette étape essentielle permet d’approfondir l’étude de l’activité avec le demandeur et, éventuellement, de procéder à des corrections avant la présentation du dossier devant le comité de crédit. Si le prêt est accordé, le contrat est signé à l’issue d’une formation en gestion obligatoire et gratuite. Les règles précises contenues dans ce processus sont autant de garde-fous pour garantir le succès de l’opération à la fois pour le client et pour Chamroeun.
Agence Chamroeun à Phnom Penh
Deux agents de Chamroeun nous emmènent à la rencontre de leurs bénéficiaires. A l’arrière de leur mobylette, nous nous enfonçons toujours plus à travers des quartiers pauvres de Phnom Penh. Dans une ruelle bordée d’habitations en matériaux de récupération, nous arrivons chez Soeurk Sreymoune. Cette jeune femme nous reçoit entourée de ses trois enfants et de sa mère. Son mari est parti vendre des fruits frais qu’il transporte dans un chariot ambulant. Avec les prêts successifs qu’ils ont souscrits auprès de Chamroeun, ils ont pu acheter un deuxième chariot afin de travailler tous les deux. Grâce à cela, ils parviennent à procurer la nourriture quotidienne de la famille. Aucun projet plus durable ne peut être envisagé pour l’instant. Nous voyons à quel point sortir de la pauvreté est un exercice long et périlleux qui exige un courage et une patience infinie.
Soeurk Sreymoune, bénéficiaire Chamroeun
Quelques rues plus loin, nous entrons dans une des petites maisons en dur qui bordent le marché du quartier. Song Mom est veuve et demeure ici avec ses 3 enfants. Elle a ouvert devant chez elle un petit comptoir de restauration pour les travailleurs du marché qui viennent essentiellement le matin avant 10h boire un café et avaler une soupe aux nouilles. Elle a besoin d’emprunter pour acheter son stock au marché central. Auparavant, elle devait passer par des usuriers et les intérêts de plus de 15% par mois grevaient fortement sa marge. Avec les taux de 4% par mois proposés par Chamroeun, les fins de mois sont moins difficiles.
Les taux d’intérêt en micro-finance restent chers par rapport à ceux des banques traditionelles car les petits prêts génèrent nettement moins d’intérêt que les gros pour des coûts fixes similaires à ceux d’un établissement classique : frais de structure, salaires des agents, coût de traitement du dossier… Les IMF sont soutenues lors de leur lancement mais cherchent ensuite à atteindre l’autonomie financière qui récompense une gestion efficace. Créée en 2006, Chamroeun atteint à ce jour 75% d’autofinancement et vise l’autosuffisance pour 2010.
Song Mom, bénéficiaire Chamroeun
Les personnes à qui s’adresse Chamroeun sont le plus souvent dans l’incapacité de fournir la garantie physique qui conditionne l’octroi d’un prêt. Même s’ils sont propriétaires d’un bout de terrain ou d’une petite habitation, ils ne veulent pas risquer de les voir saisis. Certaines IMF demandent une garantie des autorités locales mais cela peut engendrer un surcoût pour l’emprunteur en raison de la corruption. Chamroeun choisit de demander plutôt l’engagement d’un garant extérieur à la famille nucléaire. De plus, pour justifier un minimum d’attache, le demandeur ou le garant doit être propriétaire de l’endroit où il vit (qui ne sera pas saisi en cas de retard de remboursement). Pour ceux qui ne peuvent pas non plus fournir ce type de garantie, Chamroeun propose un autre type de prêt avec des montants plus limités et des échéances de remboursement plus rapprochées.
Chamroeun n’accorde que des prêts destinés à la création ou au développement d’activités. Cependant, un prêt d’urgence existe pour les familles déjà bénéficiaires en cas de problèmes graves (maladie, incendie…) qui autrement détruiraient des années d’effort et de travail en quelques instants.
Pour accroître les chances de réussite de ses bénéficiaires, Chamroeun encourage la constitution d’une épargne rémunérée, plus en sécurité sur un livret que dans un bas de laine. Une assurance santé est également proposée, les problèmes de santé étant la principale cause d’échec de ses clients.
L’accompagnement est également essentiel pour que le prêt aide réellement le bénéficiaire à réussir ce qu’il entreprend. A l’agence, un travailleur social assure une permanence chaque jour pour recevoir et écouter les familles qui ont des difficultés particulières. Par ailleurs, Chamroeun offre tout un volet de formations pour apprendre les bases de la gestion ou découvrir un nouveau métier. Grâce aux bénéficiaires qui acceptent de partager leurs savoir-faire en cuisine, artisanat et autre, une cinquantaine de « modules métiers » sont proposés. Des formations plus générales sont également organisées pour sensibiliser les gens concernant leurs droits, l’éducation ou la santé. Ce sont autant d’occasions de créer des échanges et de la convivialité au sein de la communauté.
Chaque année se tient une assemblée au cours de laquelle les bénéficiaires élisent leurs représentants. A cette occasion, ils participent à des discussions et des enquêtes qui fournissent à Chamroeun un retour précieux pour continuer à progresser.
Agents de Chamroeun
Toutes ces initiatives permettent de créer un climat de confiance comme l’atteste la fidélité des bénéficiaires. De même, le travail réalisé par Chamroeun est récompensé par les excellents taux de remboursement qui atteignent 99% sur un ensemble de 10 000 bénéficiaires ! En trois ans, Chamroeun est devenue une institution de micro-finance indépendante et 100% khmère où travaillent 65 personnes. Cette équipe jeune et qualifiée est motivée par la mission sociale de Chamroeun. Ils œuvrent dans le sens d’une micro-finance éthique qui soutient les plus démunis dans ce qu’ils entreprennent pour améliorer leur existence.
Comment les aider ?
Vous pouvez contacter Entrepreneurs du Monde pour adresser un don (défiscalisé) par chèque ou par virement directement sur leur site Internet (http://www.entrepreneursdumonde.org/versement.php). Les propositions de volontariat sont également les bienvenues.
Il est possible d’aider directement les bénéficiaires de Chamroeun et Entrepreneurs du Monde via le site Internet www.babyloan.org . Grâce à Babyloan, chacun peut devenir prêteur à un micro entrepreneur du bout du monde, pour le montant de son choix. Il ne s’agit pas de don, l’argent est restitué au prêteur à l’échéance du prêt. N’hésitez pas à vous inscrire, la procédure de prêt en ligne est simple et entièrement sécurisée.
Contact
Chamroeun
#42D, St 320
Boeung Keng Kang III
Chamkarmon, P.P – PO box 1113
Cambodge
Site Internet : www.chamroeun.com
Um Piseth, responsable marketing et communication : piseth@chamroeun.com
Tel : 016 96 76 99 – 012 91 40 19
Entrepreneurs du Monde
www.entrepreneursdumonde.org
Grégoire Héaulme, responsable Asie : gregoire.heaulme@entrepreneursdumonde.org
Gabrielle
mardi 15 décembre 2009
Par François le mardi 15 décembre 2009, 14:22 - Les porteurs d'espoir
L’atelier de l’écolelundi 30 novembre 2009
Par François le lundi 30 novembre 2009, 10:43 - Réflexions
Le 13 novembre, nous quittons Battambang pour Phnom Penh, la capitale du Cambodge. Située au confluent du Tonlé Sap et du Mékong, celle qu’on surnommait autrefois la « Perle de l’Asie » a gardé un charme indéniable. De belles rues droites, bordées d’anciennes demeures coloniales, de temples khmers et de restaurants en terrasse, coupent quelques grands et larges boulevards où s’écoule l’essentiel d’une circulation pas encore trop dense.
Nous nous joignons au flot des motos et « tuk-tuks » (ici, une moto tirant une petite charrette) et arpentons Phnom Penh à vélo. Nous avons peine à imaginer que cette ville si vivante était il y a si peu de temps quasi-déserte, à l’abandon, offrant le symbole de la perdition de tout un pays.
Phnom Penh aujourd’hui
En 1970, la guerre fait rage au Vietnam voisin. Sihanouk, le roi du Cambodge, cherche maladroitement à éviter à son pays d’entrer dans la tourmente qui a déjà contaminé le Laos. Les Américains le jugent trop indulgent avec les partisans vietnamiens qui utilisent la zone frontalière du Cambodge comme base arrière. Ils soutiennent un putsch fomenté par le général Lon Nol pour renverser la monarchie. La répression qui s’abat alors et les bombardements « secrets » mais néanmoins massifs des Américains sur tout l’est du Cambodge contribuent à alimenter une insurrection communiste soutenue par les Nord-vietnamiens : les Khmers rouges.
Le 17 avril 1975, après une guerre civile de 5 ans, les Khmers rouges entrent dans Phnom Penh. Ils proclament « l’année 0 » et ordonnent l’évacuation de la capitale : les 2 millions d’habitants que compte alors la ville doivent rejoindre la campagne, à pied, y compris les infirmes. Ce terrible exode fait des milliers de victimes et ne fait qu’annoncer une horreur encore plus grande. Phnom Penh devient une ville fantôme, où ne vit plus qu’une poignée de fidèles du nouveau régime.
La vie a repris devant le palais royal de Phnom Penh
Nous mettons à profit notre passage dans la capitale cambodgienne pour visiter le musée de Tuol Sleng, situé dans ce qui fut la prison S21. Après la « libération » de la ville, les Khmers rouges transforment cet ancien lycée en un centre de détention et de torture où des dizaines de milliers de Cambodgiens sont torturés puis exécutés. En tout, seuls 7 pensionnaires survivent…
Les Khmers rouges ont méticuleusement constitué des dossiers sur leurs exactions et photographié toutes leurs victimes. Des portraits de détenus ont été exhumés pour être présentés au public. Que nous disent ces visages ? D’un condamné à l’autre, on croit deviner des sourires de défi, des airs déterminés, des regards hébétés, des personnes désespérées, le plus souvent une indicible terreur… Plus loin sont exposées des photos d’enfants, car pour les Khmers rouges il n’y a pas d’âge pour être un « ennemi du peuple ». Aucun ne sourit, leur regard exprime uniformément un profond sentiment d’injustice.
Les
Khmers rouges ne prirent pas la peine d’enlever les tableaux noirs de l’ancien
lycée reconverti en centre de torture
La « révolution » menée par le tristement célèbre Pol Pot, « frère n°1 » du régime khmer rouge, frappe aussi hors des murs de Tuol Sleng. La population cambodgienne est réduite en esclavage et soumise aux travaux forcés ; la terreur s’abat avec une violence indéfinissable sur tout le pays au nom de « l’Angkar », le parti unique, qui prend valeur de dieu tout puissant. Le Cambodge devient un lieu où la vie ne vaut plus rien, où parler une langue étrangère ou avoir les mains trop propres est passible de la peine de mort, où les condamnés sont exécutés à coup de massue ou par étouffement à l’aide d’un sac plastique, pour économiser les balles, où même les nourrissons peuvent être considérés comme des contre-révolutionnaires et tués à mains nues par des adolescents endoctrinés jusqu’à la folie… Selon les estimations, le massacre fait entre 2 et 3 millions de morts (sur 8 millions de Cambodgiens)… Comment un peuple en arrive-t-il à planifier son propre génocide ? Plus la visite avance et plus les questions s’accumulent.
Lors de notre second passage à Phnom Penh se tient le procès de « Douch », l’ex-responsable de la prison S21. Il demande pardon et réclame la plus haute sanction pour les crimes commis. Dans le musée de Tuol Sleng, nous avons pu lire d’autres témoignages d’anciens Khmers rouges dévoilés au public. La plupart reconnaissent l’horreur des faits, pourtant, par une étrange schizophrénie, beaucoup disent ne rien regretter de leur engagement. Chacun semble se dégager de sa responsabilité sur ses supérieurs et ne rien vouloir assumer. On veut bien croire que les bourreaux eux-mêmes vivaient dans la terreur, toute désobéissance ou même frilosité à l’égard de la doctrine khmer rouge étant punie de mort. Pourtant, un tel carnage n’a-t-il pas nécessairement dû réclamer un minimum de zèle ?…
En 1979, les Vietnamiens, soutenus par l’URSS, envahissent le Cambodge et mettent fin aux agissements des Khmers rouges. Cependant les malheurs des Cambodgiens ne sont pas terminés. La famine frappe un pays complètement désorganisé, et la guerre civile reprend. Cette fois, les Khmers rouges sont discrètement aidés par les Américains (et plus ouvertement par les Chinois). Le Cambodge semble n’être qu’un terrain d’affrontements où les grandes puissances règlent leurs comptes sur le dos des Cambodgiens. La moitié de la population profite du chaos pour fuir le pays, de gigantesques camps de réfugiés sont installés à la frontière thaïlandaise. Les belligérants expérimentent l’utilisation à grande échelle des mines anti-personnelles. Les Vietnamiens se retirent finalement en 1989, mais les mines continuent aujourd’hui à tuer et mutiler davantage que les accidents de la route.
Scène d’aujourd’hui dans la campagne cambodgienne
Pol Pot meure en 1998, probablement assassiné par les siens, et la guerre civile prend fin peu de temps après. Depuis, le Cambodge travaille à panser ses plaies avec l’aide de la communauté internationale. De nombreuses ONG travaillent aux quatre coins du pays et aident le Cambodge à renaître peu à peu de ses cendres.
Aujourd’hui, les Cambodgiens cherchent à tourner la page de leur douloureux passé. Chez les anciens, le regard est parfois un peu lourd mais le sourire toujours présent. La vie reprend ses droits et les jeunes générations regardent vers l’avenir, cherchant à oublier le traumatisme de leurs aînés (quelquefois il est vrai au risque de le nier). Dans les campagnes, des enfants radieux accueillent les étrangers avec de grands « hello », parfois agrémentés de naïfs « I love you ». Un regard, une réponse à leurs salutations, et les rires fusent. La paix semble ici plus vivante et davantage fêtée qu’ailleurs, sans doute parce qu’elle est encore neuve et qu’on la sait si fragile et tellement précieuse...
Sur le lac de Kamping Poy
François
mercredi 25 novembre 2009
Par Gabrielle le mercredi 25 novembre 2009, 13:27 - Les porteurs d'espoir
Nous séjournons dans la ville de Battambang à l’ouest du Cambodge. Le hasard
des rencontres nous amène à visiter l’association Phare Ponleu Selpak
(PPS), qui accueille plus de 1400 jeunes dans le cadre d’activités éducatives,
culturelles et artistiques. Depuis le chemin, la mélodie des
percussions indique que nous arrivons à destination. Nous traversons une vaste
cour arborée jusqu’à un grand bâtiment où s’entraînent jongleurs et
acrobates qui nous saluent avec de grands sourires.
La visite commence sous la conduite de Reaksmey Yean, un jeune du centre formé
en communication externe. Il nous guide vers la belle bâtisse en bois sombre où
se trouve l’école d’art visuel, créée par les fondateurs de l’association en
1994.
Reaksmey Yean
Entre 1975 et 1979, le
régime des Khmers rouges marque une période particulièrement sombre. Leur
volonté de bâtir une société entièrement nouvelle et sans référence au passé se
traduit par le massacre de près d’un tiers de la population et la déportation
des citadins dans les campagnes. Quand les Vietnamiens envahissent le pays et
renversent le régime khmer rouge, les Cambodgiens fuient vers l’étranger par
centaines de milliers.
Durant ces années d’exil, huit jeunes grandissent dans un camp de réfugiés en
Thaïlande où une ONG française leur apporte un peu de rêve et de détente grâce
à des ateliers de dessin. De retour à Battambang en 1994, ils désirent partager
le plaisir et la liberté de s’exprimer à travers le dessin. Avec l’aide de leur
professeur, ils décident d’ouvrir une école d’art visuel et baptisent leur
association « Phare Ponleu Selpak » qui signifie « la lumière de
l’art ».
L’objectif de l’école est d’offrir aux jeunes un espace de loisir où ils
peuvent oublier leurs soucis, s’évader dans leur imaginaire et retrouver la
beauté. A travers les cours, l’école s’attache à mettre en valeur l’héritage
khmer pour aider les élèves à retrouver leur identité culturelle.
Nous admirons les toiles exposées sur les murs, résultat du savoir-faire acquis
durant les cinq années du cursus. L’association participe également aux
évènements culturels du pays et, lors de notre visite, les cinquante élèves
participent à la confection d’un immense naga articulé (serpent à plusieurs
têtes de la tradition khmère) pour le prochain festival.
Pour permettre aux jeunes artistes issus de l’école d’art visuel de compléter
leur formation et leur ouvrir de nouveaux débouchés, PPS ouvre en 2006 un
studio de montage de films d’animation. Les élèves réalisent des dessins animés
éducatifs pour le compte d’ONG partenaires qui s’en servent ensuite lors de
campagnes de sensibilisation. Le studio accueille 16 jeunes et réalise en ce
moment son sixième film d’animation. Un élève nous montre un des dessins animés
qui traite avec finesse de l’importance de la solidarité familiale pour
prévenir les enlèvements d’enfants.
En 2009, l’association lance un atelier de graphisme avec l’aide d’une jeune
professionnelle française. Elle forme 5 stagiaires aux techniques du graphisme
en réalisant les dépliants, prospectus, flyers de l’association ainsi que les
commandes passées par des clients extérieurs.
Nous poursuivons la visite par l’école de musique. Un professeur répète avec
ses élèves un morceau qui associe le chayam (instrument khmer
traditionnel) avec la guitare électrique et la batterie dans un réjouissant
mélange des genres. En cinq ans, les élèvent commencent par apprendre les
bases de la musique classique et traditionnelle khmère avant d’explorer les
influences internationales.
L’école de musique
Un peu plus loin, dans l’école de cirque, balles et massues virevoltent
au-dessus de la tête des jongleurs. Les équilibristes s’entraînent seuls ou en
couple pendant qu’une jeune fille fait tourner des cerceaux autour de sa
taille. Nous nous rendons sous le chapiteau où des funambules répètent leur
numéro pour le spectacle hebdomadaire du jeudi. A l’origine, des ateliers de
cirque sont proposés comme une activité artistique récréative afin que les
élèves de l’école d’art visuel puissent se dépenser physiquement entre les
cours de dessin. Face à l’enthousiasme suscité par le cirque, naît le projet de
fonder une véritable école qui forme aujourd’hui plus de 30 élèves avec huit
professeurs khmers. Depuis sa création en 2002, l’école a déjà formé six
troupes qui réalisent des tournées au Cambodge et à travers le monde, notamment
en France et au Japon.
Tous les jeunes motivés pour apprendre ces disciplines artistiques sont les
bienvenus et les cours sont dispensés gratuitement. L’association cherche avant
tout à entretenir un état d’esprit positif qui aide chacun à se construire et à
s’épanouir. Le travail des artistes formés par PPS est reconnu à travers le
Cambodge. Nombre d’entre eux deviennent des professionnels de talents et
gagnent leur vie en exerçant leur art.
Au fil des années, PPS développe des activités sociales tournées vers les
communautés environnantes. L’association participe à l’installation d’une école
publique qui reçoit plus de 1000 élèves de 6 à 13 ans. Un centre de loisir
propose en parallèle une éducation plus informelle à travers des activités
ludiques et pédagogiques. Pendant que les enfants apprennent, les parents
peuvent poursuivre leur activité professionnelle et améliorer ainsi les
conditions de toute la famille.
En 2002, PPS ouvre la « maison des enfants » afin d’accueillir les
enfants en situation particulièrement précaire : orphelins, victimes du
trafic d’êtres humains, ou jeunes dont la famille ne peut plus subvenir aux
besoins. 76 enfants y sont nourris et soignés gratuitement et 33 d’entre eux y
sont également hébergés. En leur offrant des conditions favorables pour
s’épanouir et apprendre, PPS souhaite aider ces jeunes à retrouver leur place
dans la société.
La solidarité commence au sein de PPS : 40% des revenus perçus de la
production artistique des élèves (spectacles, toiles…) sont destinés à soutenir
la « maison des enfants » en plus des aides extérieures.
Entrée de la maison des enfants
Nous ne résistons pas à rester un jour de plus pour assister au spectacle de
cirque. Le chapiteau est déjà bondé quand nous entrons. Nous nous frayons un
chemin entre les enfants assis devant pour atteindre les gradins. Dès que la
lumière s’allume des cris s’élèvent de la foule des jeunes supporters. Les
musiciens annoncent l’entrée en piste des membres de la troupe. Ils enchaînent
les numéros avec autant de professionnalisme que de joie de vivre. Nous
tremblons, rions, applaudissons… chapeau les artistes !
Comment les aider ?
Il est également possible d’inviter la troupe à se produire à l’occasion
d’un évènement, d’un festival ou autre.
L’atelier de graphisme peut répondre par correspondance à toute commande de
flyers, dépliants ou brochures.
Il est également possible de soutenir financièrement PPS en faisant un don ou
en participant au programme de parrainage pour la « maison des
enfants ».
De passage à Battambang, vous serez bienvenus à l’association pour une visite,
assister à un spectacle de cirque ou acheter le travail des artistes.
Contacts
Phare Ponleu Selpak
Village de Anch Anh, Commune d’Ochar
PO Box 316
Battambang – Cambodge
Tel/Fax : +855(0)53 952 424 / Portable:
+855(0)12 821 498
E-mail : inquiries@phareps.org
Site internet : http://phareps.org
Gabrielle
jeudi 19 novembre 2009
Par François le jeudi 19 novembre 2009, 10:37 - Voyage voyage
Une fois la frontière traversée, nous filons vers Siem Reap, notre première étape au Cambodge. A quelques kilomètres de la ville se dressent les vestiges d’Angkor.
Au 9ème siècle, le Cambodge est le cœur d’un puissant empire qui s’étend de la Birmanie au Vietnam, le plus vaste que l’Asie du sud-est ait jamais connu. Les princes khmers qui règnent sur celui-ci bâtissent une imposante capitale : Angkor. A son apogée, la ville compte jusqu’à un million d’habitants, à cette époque Paris n’est encore qu’une bourgade. Nous arpentons les longues allées d’Angkor Vat, le plus grand temple d’Angkor et le plus vaste espace religieux du monde ! Considéré par les Cambodgiens comme la « 8ème merveille du monde », cette construction monumentale est l’emblème du pays ; sa silhouette caractéristique est représentée sur le drapeau national.
Le temple d’Angkor Vat
Les nombreux temples d’Angkor ont pour trait commun leur aspect massif et imposant. Ces « temples montagnes », comme ils sont justement surnommés, sont censés représenter le mont Meru, l’Olympe de l’hindouisme, où habitent les dieux. Les fondateurs de l’empire d’Angkor sont en effet de confession hindoue, et se proclament représentants terrestres du dieu Shiva. Puis au 12ème siècle, à l’apogée de l’empire, le grand roi bâtisseur Jayavarman VII adopte le bouddhisme, et dote Angkor de nombreux temples dédiés à la nouvelle religion d’état. Ses successeurs retournent à l’hindouisme, avec un culte appuyé au dieu Vishnou cette fois.
Nous nous rendons au Bayon, le grand temple bouddhiste édifié au cœur de la gigantesque cité fortifiée d’Angkor Thom. D’où qu’on se trouve dans l’édifice, de larges visages de pierre au sourire paisible et troublant, représentant le Bouddha, semblent surveiller le visiteur. On apprend que le souverain de l’époque a sans doute servi de modèle aux sculpteurs, s’agirait-il d’une version antique de Big Brother ?
Le Bayon et ses 216 visages
A partir du 13ème siècle, l’empire angkorien décline. La capitale Angkor est pillée par les Siamois (venus de l’actuelle Thaïlande) en 1351 puis de nouveau en 1431. La cité est abandonnée, seuls quelques temples restent utilisés et vaguement entretenus : peu à peu la nature reprend ses droits et une jungle épaisse recouvre les traces de la grandeur passée. Angkor disparaît de l’histoire jusqu’au 19ème siècle, lorsque des explorateurs français retrouvent le site. Les temples sont reconquis un par un sur la forêt afin de faire revivre la glorieuse histoire cambodgienne. Nous découvrons le temple de Ta Prohm dans la lumière tamisée de la canopée. D’immenses fromagers enserrent les murs de l’édifice avec leurs puissantes racines, digérant lentement l’œuvre des humains pour la faire retourner à l’état de poussière…
Ta Prohm, colonisé par des fromagers géants
François
dimanche 15 novembre 2009
Par Gabrielle et François le dimanche 15 novembre 2009, 12:22 - Newsletters

Le 4 octobre au petit matin, nous atterrissons en Thaïlande, notre porte
d’entrée en Asie du sud-est, avec la sensation de changer une nouvelle fois de
monde. Nous goûtons avec délice à la douceur de vivre
thaïlandaise.
A
peine arrivés à Bangkok, nous filons vers le sud et les îles du Golfe
de Thaïlande pour une semaine de repos sur des plages de rêve.
Retour
à Bangkok, puis nous nous rendons à quelques dizaines de kilomètres au nord-est
pour découvrir pendant quelques jours les activités de l’ashram
de Wongsanit.
Nous partons pour le nord de la Thaïlande. Par chance, notre passage coïncide
avec les célébrations du festival de Loi
Krathong.
De retour à la capitale, nous nous
préparons à poursuivre notre route vers l’est. Le 2 novembre au petit jour,
nous grimpons à bord du train qui nous emmène vers la frontière
cambodgienne.
Bonne lecture !
Gabrielle et François
jeudi 12 novembre 2009
Par Gabrielle le jeudi 12 novembre 2009, 12:04 - Voyage voyage
Pour la fin de notre séjour en Thaïlande, les astres nous ont réservé une surprise : la pleine lune du douzième mois du calendrier lunaire traditionnel thaï annonce l’ouverture du festival de Loi Krathong, la fête des lumières !
Le 24 octobre, nous rejoignons à la nuit tombée des milliers de personnes rassemblées sur une immense esplanade non loin de Chiang Mai. Des rangées de lampes à huile brûlent dans le noir jusqu’à l’estrade illuminée où une statue de Bouddha fait face à la foule. Des moines récitent des mantras et des chants de prière s’élèvent de l’assemblée. Dans quelques instants, toutes les « lanternes célestes » posées à leurs pieds vont s’envoler. Chacun prépare dans son cœur les rêves qu’il souhaite faire monter vers le ciel et les entraves dont il veut se libérer.
L’atmosphère est au recueillement quand un signal déclenche tout à coup une joyeuse effervescence. Tous s’activent à déplier les larges disques de papier blanc et les maintiennent en petits groupes au-dessus des torches enflammées. Le papier se gonfle de lumière, le cylindre prend forme et atteint bientôt un mètre de haut.
Quand cette petite montgolfière est suffisamment remplie de chaleur, elle s’élève doucement vers le ciel au milieu de toutes ses sœurs porteuses de rêve. La magie est à son comble ; tous les regards sont tournés vers le ciel où viennent de s’allumer des milliers d’étoiles. Nous sommes émerveillés et gagnés par la joie ambiante.
La chance nous accompagne vers le sud jusqu’à Sukhothai, la capitale d’un puissant empire thaï du XIIIème siècle. Lors de son déclin, ses habitants la délaissèrent progressivement, laissant à l’abandon les temples et les palais, dont les très beaux vestiges restent les témoins de son glorieux passé. Le soir même de notre visite, un fabuleux spectacle son et lumière est organisé sur le site à l’occasion du festival.
Nous faisons un voyage à travers le temps et découvrons l’origine de Loi Krathong qui signifie « radeau flottant ». Un roi de Sukhothai initia la tradition en s’inspirant de Di wali, le festival indien de la lumière en l’honneur de la déesse du Gange. Depuis, chacun construit un petit radeau à base de feuilles de bambous, qu’il décore de fleurs et de bougies. Symboliquement, l’embarcation emporte au fil de l’eau les sentiments négatifs qui font obstacles au bonheur afin de commencer sereinement la nouvelle année.
Le spectacle s’achève par un magnifique feu d’artifice, qui referme en même temps la page de notre séjour en Thaïlande.
Gabrielle
dimanche 8 novembre 2009
Par François le dimanche 8 novembre 2009, 15:40 - Les porteurs d'espoir
Le 14 octobre, nous partons pour Ongkharak, dans la lointaine banlieue de
Bangkok. Le chauffeur de taxi nous arrête au bord d’un des nombreux petits
canaux qui quadrillent la région. Nous traversons le cours d’eau qui nous
sépare de notre destination à l’aide d’un petit bac en bois tiré par des
cordes. Les gamins qui l’utilisaient comme plongeoir avant notre arrivée nous
accompagnent à la nage vers l’autre rive.
Nous accostons l’ashram de Wongsanit, qui se définit comme une
« communauté spirituelle dévouée au développement et à la promotion
d’un mode de vie alternatif ancré dans les principes bouddhistes, la diversité
culturelle et le respect de l’environnement ». A peine débarqués,
nous sommes accueillis par Phienphan Thamrongruttanarit, surnommée « Apple ».
Elle nous invite à nous restaurer dans le joli réfectoire de l’ashram, puis
nous montre notre chambre. Nous commençons notre séjour par prendre quelques
instants de repos. Le lieu, rempli de verdure et de sérénité, s’y prête à
merveille.
Nous retrouvons Apple un peu plus tard dans les bureaux de l’ashram : une belle
pagode de bois au milieu d’un étang, qui semble flotter au milieu des fleurs de
lotus. Nous nous installons sur la large terrasse du rez-de-chaussée ouverte
sur l’extérieur qui sert de salle de réunion. Apple nous en dit un peu plus
long sur l’activité de la communauté de Wongsanit.
La pagode de
l’étang aux lotus, centre administratif de l’ashram
L’ashram est fondé en 1984 par l’activiste social thaïlandais
Sulak Sivaraksa et les membres de la fondation Sathirakoses-Nagapradipa. En
langue sanskrit, ashram signifie littéralement « travail sur soi ». De
fait, la première mission des familles qui rejoignent la communauté est
d’expérimenter une nouvelle manière de vivre, tant au niveau
pratique que spirituel, qui pourra inspirer et aider la société à
évoluer vers plus d’harmonie. L’ashram compte aujourd’hui une
trentaine de membres. Ils forment en quelque sorte une équipe de «
chercheurs en vie meilleure » qui font de leur quotidien leur
premier terrain d’expérimentation.
L’ashram prône une vie simple, hors du système consumériste, qui permette d’une
part de préserver la nature et retrouver ses bienfaits et d’autre part de
gagner en indépendance. Les membres de la communauté commencent par développer
leurs propres cultures selon des méthodes biologiques. En visant
l’auto-suffisance, ils se donnent les moyens de manger sainement sans abîmer la
terre. Ils plantent également des centaines d’arbres pour faire du terrain de
l’ashram un parc ombragé et frais. Leur autre grand projet, la construction
d’habitations à base de matériaux naturels, s’inscrit dans leur principe de «
faire plus avec moins ». Les bâtiments de la communauté sont réalisés l’un
après l’autre selon ces techniques.
Une bibliothèque est construite dès le début du projet. Elle accueille
aujourd’hui plus de 10000 ouvrages : philosophie, spiritualité, sociologie,
mais aussi développement et ouvrages pratiques d’écologie appliquée, un coup
d’œil sur les rayonnages en dit long sur les principales préoccupations des
habitants de Wongsanit.
La gestion de la communauté est basée sur le partage de l’information et la
concertation. Chaque mois, les membres se réunissent et les difficultés
éventuelles sont alors soulevées devant tous. Le partage de valeurs communes et
la pratique de la méditation aident les habitants à mettre de côté leur ego
pour avancer de manière constructive.

En 1992, les membres de l’ashram ont acquis une expérience significative qu’ils
sont prêts à partager. L’ashram devient un lieu d’accueil où sont organisées
des formations pour diffuser le savoir acquis par ses
membres.
Nous rencontrons Sombat
Tharak, surnommé « Nui ». Il a rejoint l’ashram il y a 10 ans, attiré par un
environnement de travail qui encourage le développement personnel et par la
grande liberté laissée dans les moyens de se réaliser. Aujourd’hui, il est le
responsable du programme de formations de la communauté.
Les formations de l’ashram accueillent 400 à 500 participants par an, à raison
de 2 à 3 sessions par mois. Les thèmes sont variés et reflètent la diversité
des domaines de recherche : formations en agriculture biologique, construction
écologique, médecine douce, ou bien stages de méditation, retraites
silencieuses, cures de désintoxication du corps…
Les formations dispensées sont toujours basées sur une expérience concrète.
Yupin Tabsisod est la chef cuisinière de l’ashram depuis 17 ans. Pour répondre
aux exigences de vie saine de la communauté, cette autodidacte a développé des
recettes de cuisine biologique et bonne pour la santé qu’elle expérimente au
quotidien dans le réfectoire de la communauté. Aujourd’hui, elle partage son
expérience à travers des formations et un livre de ses recettes sera édité pour
le 25ème anniversaire de l’ashram en décembre prochain. L’ashram est en effet
en train de se donner une nouvelle mission : mettre par écrit toutes les
connaissances accumulées pour les mettre à disposition d’un public encore plus
large.
Yupin Tabsisod (deuxième en partant de la gauche) et son équipe de
cuistots
Pour l’instant, le programme de formation de l’ashram de Wongsanit vise
essentiellement un public thaïlandais, les cours étant dispensés en thaï.
Néanmoins, tous les visiteurs sont les bienvenus et un stage est
organisé en anglais tous les ans sur le thème de la conception
d’écovillages.
L’ashram de Wongsanit accueille également des stagiaires birmans, laotiens et
cambodgiens et les forme à l’organisation de communauté ainsi qu’aux
différentes techniques qu’il a développées. Pour les fondateurs de l’ashram, la
Thaïlande, le pays le plus riche de la région, se doit d’aider ses voisins
moins bien lotis. Rien que pour la Birmanie, le programme GTLP (Grassroots
Leadership Training for Burma) a permis en 12 ans la formation de plus de
300 leaders de communautés, qui ont à leur tour diffusés leurs connaissances
dans leur pays : une aide concrète et durable pour les habitants de villages
souvent marginalisés par la junte birmane.
Formation dans un bâtiment de l’ashram aux murs en briques de terre
séchées
Lors de notre dernier jour à l’ashram, nous sommes invités à assister au stage
de construction de maisons en terre qui débute. Les ingénieurs de l’ashram se
sont inspirés des méthodes de construction traditionnelles africaines et ont
adapté la technique aux ressources et au climat thaïlandais.
Nous participons avec les autres stagiaires à la première étape : la
fabrication de briques. Elles sont constituées d’un mélange optimal d’argile,
de sable et de paille de riz, puis séchées au soleil. Les avantages de ce
matériau sont nombreux : quasi-gratuit, plus durable que ses concurrents du
commerce, il procure aussi une meilleure isolation thermique. En plus, il est
100% biodégradable en cas de démolition. L’après-midi est consacrée à la
pratique, la technique est d’une simplicité déconcertante… Sans doute pour
inspirer les participants, l’animateur conclut la journée avec un diaporama
présentant des exemples d’habitations réalisées en matériaux naturels en
Thaïlande et dans le monde. Elles sont plus belles les unes que les autres,
nous sommes convaincus…
Dosage, malaxage et moulage des briques…
L’ashram de Wongsanit développe ses activités selon la méthode bouddhiste :
d’abord s’améliorer soi-même, puis partager son expérience avec ceux qui le
souhaitent. Les membres de la communauté poursuivent leurs recherches dans les
3 directions indiquées dans leur devise : « Head, Heart and Hand » (la tête, le
cœur et la main), convaincus que, pour parvenir à l’harmonie, ces 3 aspects de
l’existence doivent être cultivés chez chacun.
Comment les aider ?
L’ashram de Wongsanit tire ses revenus de l’accueil des visiteurs et des
formations. Il tente de parvenir à l’autosuffisance mais des dons sont les
bienvenus.
L’ashram accueille en permanence des bénévoles.
Contacts
Wongsanit Ashram
Klong 15 Rangsit, Ongkharak Road
Nakhon Nayok 26120
Thaïlande
Téléphone : +66 (0) 37 333 182 / +66 (0) 37 333 183
Fax : +66 (0) 37 333 184
E-mail : ashram@semsikkha.org
François
mercredi 4 novembre 2009
Par Gabrielle le mercredi 4 novembre 2009, 13:39 - Voyage voyage
A peine arrivés à Bangkok, nous ne résistons pas à l’appel de la mer et
filons vers le sud à la découverte des îles du Golfe de Thaïlande. Sur le pont
du bateau, nous respirons l’air salé et scrutons l’horizon…
Terre !
Parmi une myriade de terres émergées, trois îles jouent aux poupées russes : la
grande Kho Samui, la petite Kho Tao et la moyenne où nous accostons, Kho
Phangan. Il nous faut à peine 15 minutes pour rejoindre le nord de l’île et son
charme paisible. Nous y dénichons une petite baie cachée derrière les collines
de cocotiers, un vrai petit coin de rêve avec ses eaux transparentes et sa
plage de sable clair.
Sous la surface bleue turquoise de la baie d’Hat Khom, se cachent d’autres
merveilles que l’on peut découvrir simplement équipé d’un masque et d’un tuba.
A quelques dizaines de mètres de la plage, nous nageons au milieu de fabuleux
poissons de toutes les couleurs et de toutes les tailles. Au fond de l’eau, un
magnifique parterre de coraux bleus, verts, rouges, aux formes alambiquées,
fait monter jusqu’à nous une petite musique cristalline. En un instant, nous
sommes entrés dans un nouvel univers et nous oublions le temps…
Retour à la surface… Nous filons à bord d’un bateau-taxi en direction de la
baie voisine nommée « Bottle Beach », la plage de la bouteille. Trônant à
l’arrière de la petite embarcation colorée, l’énorme moteur fait l’effet d’une
œuvre d’art moderne. Nous goûtons le repos de ce petit paradis quand un grand
oiseau atterrit tout près de nous dans un fracas de froissement d’ailes. Il se
perche aussitôt et nous laisse tout le temps de l’admirer.
Après quelques jours, nous partons découvrir la petite île voisine de Kho Tao.
Autour du grand rocher qui se dresse dans la baie d’Ao Tanote, nous retournons
nager au milieu d’immenses bancs de poissons qui jamais ne nous
effleurent.
Baie d’Ao Tanote
Après une semaine de repos et de dépaysement absolus, nous quittons les îles du
Golfe de Thaïlande pour poursuivre notre découverte du pays de Siam.
Gabrielle
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